‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 4)Chapitre 77 sur 128 · LA MORT DE RAVECHET · texte numérisé non relu

LA MORT DE RAVECHET

Quand, par un sort fatal, le syndic de Sorbonne Voit qu'il lui faut enfin quitter ce monde-ci, Il méprise la mort et s'encourage ainsi :

« Le ciel, dit-il, me doit une couronne,

Voici le moment qui la donne. Il doit faire ma joie et non pas mon souci. » Il meurt en paix. D'abord qu'il eut quitté la terre, En paradis ce nouveau saint monta.

A la porte il se présenta.

Saint Pierre ouvre, et lui dit : « Que voulez-vous ? — Saint-Père, Lui répond Ravechet d'un ton respectueux,

Sacré portier des bienheureux, Je viens vous demander une part au partage Du céleste héritage

Où toujours ont tendu mes vœux.

— Je n'oserais rien de moi-même, Dit Pierre ; je n'ai pas l'autorité suprême D'ouvrir ou de fermer la porte à qui je veux.

Il faut assembler les apôtres;

I. « Le sieur Ravechet, syndic de Sorbonne, allant à son exil de Saint-Brieuc , tomba malade d'une rétention d'urine à Rennes, chez les Bénédictins', qui en prirent grand soin; on lui administra les sacrements, et il y mourut le 24 mars, regretté pour son mérite et pour sa profonde érudition. » (Journ. de Buvat.)

214 Clairambault-Maurepas.

Jai ma voix comme les autres, Mais je n'ai rien que cela.

Entrer en ce lieu n'est pas chose facile,

Nous tiendrons, dit-il, un concile.

En attendant, demeurez là. »

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