LA COMPAGNIE D'OCCIDENT
Célébrons l'établissement De la compagnie d'Occident \
Lon lan la derirette, Autrement dit Mississipi,
Lon lan la deriri.
Pour lui donner plus de crédit, On met à la tête un proscrit, Qu'on voulait pendre en son pays 2 .
1. La Compagnie d'Occident, établie par Lettres patentes du 28 août 17 17, avait pour objet la colonisation de la Louisiane, immense et riche territoire découvert en 1662 par Cavelier de La Salle et occupé, au nom de la France, par d'Herville. Elle n'entra en activité qu'en 1718.
2. Law, fils d'un orfèvre battant sur l'enclume à Edimbourg en Ecosse. (M.) — Voltaire nous apprend qu'il avait été obligé de fuir de la Grande-Bretagne pour un meurtre.
Année IJIJ. 245
Noailles, dans son cabinet, A médité ce grand projet 1 , Qu'il est beau d'avoir de l'esprit.
Le pays n'est pas habité, Il sera bientôt fréquenté ; Peut-être dans cent ans d'ici.
Des filles on y enverra, Et d'abord on les mariera, Si l'on y trouve des maris.
Les mines l'on y fouillera , Car sans doute on en trouvera 2 , Si la nature y en a mis.
Nos billets vont être payés 8 , Car les fonds en sont assurés, Sur l'or qu'elles auront produit.
1. Le duc de Noailles, alors président du Conseil des finances, rédigea l'édit qui prescrivait l'établissement des Compagnies de commerce. Ainsi que l'a judicieusement remarqué Lemontey, il favorisa Law suppliant et le détesta triomphant.
2. On se faisait de singulières illusions sur les richesses du Mississisipi. « Plusieurs y avaient été pour faire fortune et en étaient revenus plus pauvres encore qu'ils n'y étaient allés. Tous déposaient unanimement ce» qu'ils avaient éprouvé. Ils parlèrent en vain ; cette chimère prit tellement le dessus, que presque toute la France en fut la dupe. » (Vie de Philippe <£ Orléans.)