ADIEUX DE LOUIS XIV
Enfin Louis le Grand est mort, La Parque a Êdt un noble effort, Oh reguingué I oh Ion lan là I Elle vient de trancher sa vie.
Toute l'Europe en est ravie.
Sentant son heure s'approcher.
Les grands il envoyu chercher.
Puis après, sans cérémonie.
Dit ces mots à la compagnie :
i8 Clairambault'Maurepas,
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Je vais rejoindre mes parents, Qui m'attendent depuis longtemps.
Je voudrais avant ce vo3rage Détruire ici leur héritage.
Adieu, reine de Maintenon, Autrefois veuve de Scarron, Vos conseils et votre prudence Mériteraient bien la régence.
Recevez mes embrassements.
Dauphin, mais dans fort peu de temps Je vous attends sur le rivage; Philippe aura soin du voyage *.
Adieu, mon neveu d'Orléans, Vous avez de si grands talents Pour succéder à ma couronne Que déjà je vous l'abandonne.
Pardonnez-moi, ma belle-sœur*; Vous avez encor sur le cœur
1. La malveillance publique avait accusé Philippe d'Orléans d'avoir empoisonné le duc de Bourgogne et sa femme, et le croyait capable d'en user de même à l'égard du jeune Louis XV, pour s'emparer de la couronne. Ces suppositions injurieuses ne résistent pas à l'examen impartial des faits.
2. Elisabeth-Charlotte d'Orléans, seconde femme de Monsieur et mère du Régent. Elle ne voulait pas du mariage de son fils avec M"« de Blois, fiOle illégitime de
Année ijiS. 19
D'une bâtarde l'alliance; N'est-elle pas du sang de France ?
Adieu, duchesse de Beny^, Il vous faudrait un bon mari Pour soutenir votre dépense; Prenez parti dans la finance.
Adieu, nouveaux princes du sang * Que je fis à la Montespan ; Mais étais-je seul à les faire ?
N'auriez-vous point eu plus' d'un père ?
Trois dauphins vous ont éprouvés, Pour votre gloire est-ce assez, Sinon voici le quatrième ; Agissez avec lui de même.
Louis XIV et de M"« de Montespan, et, lorsqu'elle apprit que le futur Régent, endoctriné par Dubois, se laissait marier sans mot dire, elle lui appliqua un vigoureux soufflet. M. G. Brunet a publié deux volume» des lettres de cette princesse qui nous présentent un tableau peu flatté de la cour du grand roi.
I. Marie-Louise-Elisabeth d'Orléans, fille cadette du Régent célèbre par les désordres de sa vie, était veuve de Charles de France, duc de Berry, troisième fils du grand Dauphin. Lors de la mort du duc arrivée en 17141 Louis XIV paya les cinq cent mille livres de dettes que les deux époux avaient contractées depuis leur mariage.
a. Les bâtards de Louis XIV et de M"'* de Montespan avaient été légitimés dès 1673, et mis au rang des princes du sang en 1714.
20 Clairambault'^Maurepas,
Tâchez de conserver le nom, Le glorieux nom de Bourbon.
Prenez garde qu'un téméraire De d'Antîn ne vous fasse frères^.
Pour vous j'ai renversé les lois; C'est le privilège des lois.
J'en jouissais en assurance Plus qu'aucun autre roi tde France.
Et pour vous, prince de Condé *, Vous n'êtes qu'un prince hasardé, Henri Quatre, mon cher grand-père.
Connaissait bien tout ce mystère.
Vous, bossu prince de Conti', Du même endroit êtes sorti.
Admirez la haute naissance De ces princes du sang de France.
1. Louis de Pardaillan de Gondrin , premier duc d'Antin (1665-1736), seul enfant légitime de M*"* de Montespan, se trouvait être le demi-frère des bâtards Intimés. Sa mère, devenue maîtresse de Louis XIV, ne voulut rien faire pour lui, mais l'habileté de courtisan qu'il déploya toujours lui permit d'arriver aux plus hautes fonctions de l'Etat.
2. Louis-Henri de Bourbon (1693-1740) , que l'on appela numsieur U Duc. Le chef de la branche des Condé , Louis de Bourbon , était frère d'Antoine de Bourbon , père de Henri IV.
3. Louis-Armand de Bourbon (1695-1727), devenu prince de Conti en 1709, à la mort de son père.
Année lyiS, ai
Adieu ^ docile parlement, A qui j'ai donné fort souvent.
Pour récompenser ses suffrages, Tant d'augmentation de gages.
J'aurais mal £ût pour mes projets De faire pendre Desmarets.
Mon neveu, ne vous en défaites Tant qu'il restera quelques dettes.
Dévot clergé, prélats françois Soyez toujours soumis aux rois.
Aux dépens de vos consciences ; Vous en aurez la récompense.
Très sainte Constitution, Que je crois sans restriction.
Je ne sais pourtant qui l'a faite Du pape ou du diable en cachette.
Adieu, jansénisme maudit^.
Desmarets, qu'on fasse un édit Pour en purger toute la terre ; Je vais le porter à saint Pierre.
I. « On avait tellement, fait peur au roi de l'enfer, qu'il croyait que touâ ceux qui n'avaient pas été instruits par les jésuites étaient damnés, et qu'il craignait d'être damné en les fréquentant. Quand on voulait perdre quelqu'un, il suffisait de dire : // est huguenot ovl janséniste, alors son affûre était faite. » (Lettres de la duchesse d Or Uans, princesse Palatine.)
22 Clairambault-Maurepas,
Père Tellieri ne craignez rien.
Je TOUS le dis^ tout ira bien.
Votre doctrine est trop commode Pour n'être pas toujours de mode.
Je meurs, je vas en paradis^ Vous me Favez toujours promis, Oh reguinguél oh Ion lan là!
Saint Ignace ^ est en sentinelle.
Je l'entends et vois qu'il m'appelle.
Quel prodige surnaturel
En ces lieux va paraître?
Que vois-je ? l'homme immortel
Qui veut cesser de l'être.
Tremblez, ô peuple de Sion I La faridondaine, la faridondon, Plus d'un malheur je vous prédis, biribi, A la façon de Barbari, mon ami.
* La mort se présente à ses yeux
Sous une autre couronne.
Je le vois qui fait ses adieux
A sa toute mignonne.
Je meurs, dit-il, c'est pour raison I Vous serez reine à Saint-Denisi