I. Ignace de Loyola , fondateur de l'institut des Jésuites
Annie 1715. 23
Il se tourne vers le Dauphin
Et lui tient ce langage :
Mignon, je vous laisse à la fin
Un charmant héritage ; Profitez-en, car il est bon, Depuis la paix tout y fleurit
Ensuite il parle à son neveu
Et lui dit ce qu'il pense :
Je meurs content, puisque dans peu
Vous aurez la régence.
Mon testament vous en fait don, Mon dernier codicille aussi ^.
Tellier, sans se ^re appeler.
S'en approche avec zèle.
Si vous voulez, dit-il, aller  la gloire étemelle.
I. Le testament de Louis XIV instituait un Conseil de régence pour régler toutes les afi^ûres de l'État ; le duc d'Orléans en avait la présidence , mais ne pouvait seul et de sa propre autorité prendre aucime décision ; deux bâtards légitimés, le duc du Maine et le comte de Toulouse, figuraient dans ce conseU. La garde et éducation de Louis XV étaient spécialement confiés au duc du Maine, qui avait sous ses ordres tous les ofiiciers de la maison du roi. Le premier codicille de Louis XIV donnait au duc de Villeroy le commandement des troupes de la maison du roi jusqu'à l'établissement définitif de la régence ; le second nommait l'abbé Fleury précepteur et le P. Le Tellier confesseur de Louis XV
24 Clairambault'Maurepas,
Laissez-moi la commission De remplir vos devoirs ici.
Le roi répond : je le veux bien,
Nommez aux bénéfices, Je vous connais homme de bien Sans fraude et sans malices.
Ah ! sire, que vous êtes bon, Dit le confesseur attendri.
Voyant toute la cour en pleurs.
Il parle et la console, Adieu pour toujours, je me meurs.
Car je perds la parole.
Alors se tait le grand Bourbon, Laissant bien à penser de lui.
Français, préparez- vous au deuil.
Je le vois, il expire.
Il entre enfin dans le cercueil
En héros qu'on admire.
Plongez-vous dans Tafiliction, Puisque vous perdez tout en lui.
Je vois Philippe au Parlement Demander la régence *.
I. K Le 2 septembre 1715, M. le duc d'Orléans a demandé au Parlement la régence qui lui appartenait par- le droit de sa naissance ; il a dit que le roi la lui avait accordée dans les derniers jours de sa maladie, et qu'il lui avait
Année 171 5.
Dût-il y paraître charmant, Il n'aura rien, je pense.
Car, suivant ma prédiction, Le testament sera suivi ^.
Peuples, courez voir, en pleurant.
L'homme de Diogène ;
La mort, en son char triomphant, A Saint-Denis l'emmène.
Que de filles se souviendront *,
D'avoir vu son convoi de nuit!
Hélas ! fallait-il qu'il mourût.
Ce prince tant aimable ?
Son zèle pour notre salut Était inconcevable.
dit qu'elle lui appartenait d'autant plus qu*il était l'héritier de la couronne si le jeune roi venait à mourir. » (Jour^ nal de Mathieu Marais.)
1. Le chansonnier ne fut point prophète, et sa prédiction ne se réalisa pas; le paiiement cassa le testament de Louis XIV et déféra la régence pleine et entière à Philippe d'Orléans.
2. La mort de Louis XIV causa peu de regrets à la cour, et le peuple de Paris témoigna une joie scandaleuse. « Le jour où son corps fut porté à Saint-Denis, dit Duclos, î'affluence fut prodigieuse dans la plaine. On y vendait toutes sortes de mets et de rafraîchissements. On voyait, de toutes parts, le peuple danser, chanter, boire, se livrer à une joie scandaleuse ; et plusieurs eurent l'indignité de vomir des injures en voyant passer le char qui renfermait le corps. »
a6 Clairamhault'Maurepas,
Avec la Constitution
Il nous menait en paradis.
Sa sagesse et son équité Brilleront dans l'histoire.
Par lui le mérite exalté En publiera la gloire; Et du Pérou jusqu'au Japon On ne parlera que de lui.
Si vous êtes chargés d'impôts.
Il n'en était point cause.
Il désirait votre repos,
Pouvait-il autre chose ?
Vous lui faisiez compassion.
Il songeait plus à vous qu'à lui.
Vous alliez vivre très heureux Dans une paix profonde.
Son ardeur à combler vos vœux L'aurait rendue féconde.
C'était là son ambition;
Mais voilà votre espoir détruit.
Il eût, sensible à vos besoins, Fait régner l'abondance.
Il eût rétabli par ses soins Bientôt la confiance.
Il y travaillait tout de bon.
Annie 171 5. 27
La Êuidondaine^ la Êuridondon, Avec Desmarets et Bercy*, biribi, A la façon de Barbarî, mon ami.