‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 5)Chapitre 54 sur 76 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

122 Clairamhault^Maurepas.

Il nous exauce, dont Dieu grâce.

Et vous allez tenir la place Pendant longtemps de notre roi.

Et vous nous donnerez la loi.

Quand nous pensons à vos largesses.

Et considérons vos promesses, Il semble que vous ramenez Les siècles d'or tant renommés.

Vous avez commencé, grand prince.

Par voir l'homme de la province , Vaut mieux dire de l'univers.

Qui mérite les plus beaux vers.

Vous avez vu le saint Noailles , Vous rafraîchissez nos entrailles.

Recevant bénédiction D'un prélat dont l'attention A gouverner son diocèse Nous a toutes ravies d'aise.

Si vous prenez notre conseil.

Cet archevêque sans pareil Donnera tous les bénéfices * ; Et vous aurez des écrevisses, Truites vives et saumons frais.

Si vous renvoyez Desmarets Avec sa bande satanique De partisans, dont la boutique

I. Le cardinal de Noailles fut nommé par le Régent chef du conseil des affaires ecclésiastiques, mais la feuille des bénéfices resta entre les mains du duc d'Orléans.

Année ijiS, 123

Gagne plus en un seul moment Que nous toutes pendant cent ans.

Que vous trouverez de ressource Dans leur abominable bourse , Pour payer la caisse d'emprunt De votre cher oncle défunt, Et mainte autre très grosse dette Pour laquelle chacun s'inquiète !

Nous espérons que, Dieu aidant.

Par vos bons soins vous ferez tant Que bientôt nous serons tous quittes Et des impôts et des jésuites.

Excepté du père Trévoux * Qu'aimerons pour Tamour de vous, Et pour les conseils très utiles Qu'il donne à vos illustres filles, Quoiqu'on dise que quelquefois Il hausse le ton de sa voix. Ne voulant qu'aucune princesse Lise le canon de la messe.

Mais passons cet article-là.

Et croyons que malgré cela Il est homme à bonne doctrine.

Et n'est pas de ceux de la Chine*, Et bien moins de ceux de Paris Qui sont tombés dans le mépris.

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