Jésuite , confesseur du Régent
2. Les jésuites, pour faciliter l'établissement de la religion chrétienne dans la Chine permettaient aux convertis diverses cérémonies en l'honneur de Confucius et des an-
124 Clairamhault^Maurepas.
Mais laissons là tous ces bons pères.
Qu'ils raccommodent leurs mystères Qui sont un peu trop éventés.
S'ils ont recours à vos bontés.
Et qu'ils proscrivent leur doctrine.
Alors faites-leur bonne mine, Comme on £dt à saint Nicolas, Nagez, ne vous y fiez pas.
Bientôt vous ferez faire Gille * A ceux qui sont à la Bastille Pour aucune autre iniquité Que d'avoir dit la vérité.
Tous les notaires de village Appréhendent votre langage, Ainsi que tous les chicaneurs Abusés par les procureurs.
Tous les approbateurs de livre Auxquels Voisin donnait à vivre, Gabellistes, agioteurs.
Avec tous les méchants auteurs.
Comme les traîneurs de rapière * Qui mettent les gens dans la bière, Par vous seront bientôt bannis, Ou plutôt sûrement punis.
cêtres. Cette tolérance provoqua entre les jésuites et les prêtres des missions de longues disputes auxquelles le tribunal des Rites mit fin en défendant l'exercice du christianisme en Chine (1724).
I. Expression qui signifie faire fuir. A l'origine Gille était un personnage de la comédie italienne, dont le nom devint synonyme de poltron et de niais.
Année ijiS. 125
Nous vous demandons une grâce ^
De faire chasser de la place,
A force de gros nerfs de bœuf,
Tous les chansonniers du Pont-Neuf*,
Dont les chansons impertinentes
Gâtent l'esprit de nos servantes,
Dont le naturel est enclin
D'aller chez dame Pataclin.
£t si vous purgez les guinguettes
De toutes sales amourettes,
Cette dame de grand pouvoir
Sera seule dans son manoir.
Et la grande Salpêtrière
Ne sera plus qu'un cimetière.
Et le compère d'Argenson
S'occupera dans sa maison ^
Non plus à poursuivre le vice.
Mais à nous rendre la justice ;
Et par là Paris sera net
De coiffe blanche et vert bonnet*.
Mais pour le bonheur de la France,
1. Au XVII* et au XVIII* siècle, le Pont-Neuf était le rendez-vous des charlatans, bateleurs, chanteurs et marchands de chansons. Quelques-uns de ces marchands, tels que le Savoyard et le cocher de M. de Verthamont, avaient acquis une certaine célébrité par les chansons satiriques qu'ils composaient eux-mêmes et débitaient au public. De là le nom de ponts-neufs donné aux poésies populaires qui se chantaient sur un air très connu. Cf. Préface, p. XXXV, et seq.