‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 124 sur 213 · LES QUATRE EMBARRAS · texte numérisé non relu

LES QUATRE EMBARRAS

l'embarras du roi

Si contre Beaumont, qu'on déteste, Je juge en faveur de Thémis, Le noir bourreau des deux Henry s, L'églisier pis que la peste, Ne respectera pas le lys.

Si malgré Thémis, au contraire.

Je laisse triompher Beaumont, L'aréopage rodomont Ne jugera d'aucune affaire ; Tous mes peuples murmureront Et toutes les lois cesseront.

Comment faire?

l'embarras du parlement

Si, suivant un zèle intrépide, Contre Christophe je décide.

2f2 Clairamhault^Alaurepas.

Louis, ami de Lo3'ola, A Pontoise m'exilera; Si, bon moliniste, au contraire, Je laisse mourir le vulgaire Sans sacrements, sans pain sacré.

Tous jusqu'à la harengère, Sans fin crieront : Toile, Toile, Comment faire?

l'embarras de l'archevêque

Si j'accorde le pain des anges Aux ennemis de Molina, Par un malheur des plus étranges La calotte m'échappera.

Si je le refuse, au contraire, . Le Sénat atrabilaire M'ajournera, décrétera Et peut-être me bannira.

Comment faire ?

l'embarras du porte-dieu*

Si je porte le pain céleste A ceux que Loyola déteste.

Mon archevêque m'interdit;

I. On appelait Porte-Dieu les prêtres de paf pisse chargés de porter le viatique aux malades. — L'embarras était surtout grave pour les membres du clergé inférieur, qui se trouvaient placés dans l'alternative périlleuse de désobéir

Année ij52. 213

Si je le refuse, au contraire, Le Sénat outré me flétrit.

Comment faire ?

LA

Page 1