‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 146 sur 213 · LA DEFAITE DE BRADDOCK · texte numérisé non relu

LA DEFAITE DE BRADDOCK

Braddoch avait toujours dit Qu'il viendrait, chose bien sûre, Pour attaquer Pécaudit,

Turelure, Et renverser la clôture, Robin turelure lure.

Dumas avec Ligneris Ont voulu voir sa figure, Et Font mis même au défi De soutenir la gageure.

Aussitôt deux mille Anglais Se sont mis tous en posture; Mais nos Hurons et Français Ont fait voler leur coiffure *.

1. Le traité d'Utrecht avait donné à la France l'Acadie, voisine du Canada, sans fixer les limites de cette possession. Les Anglais, qui convoitaient les colonies françaises d'outre-mer, les attaquèrent sans déclaration de guerre. Mais l'expédition dirigée par Braddock échoua, et le général lui-même fut tué le 9 juillet 1755.

2. Une relation contemporaine raconte ainsi les événements : « Le corps de troupes anglais qui avait été rassemblé pour agir du côté de la Belle rivière, se trouvait composé de trois mille hommes lorsque Braddock en prit le commandement pour marcher contre le fort Duquesne. Le sieur de Contrecœur, qui commandait dans ce fort,

250 Clairamhault^Maurepa^ .

Quinze cents sur les chemins Ont trouvé la sépulture, Les Outtawaîs algonkins Leur ont donné la tonsure.

Ils ont laissé après eux Fusils, poudre sans mesure.

Ainsi nous les attendons, Avec leur propre armure.

Ils nous ont abandonné

Leurs chariots et leurs- montures.

avait été informé qu'on faisait des préparatifs en Virginie. Il forma sur-le-champ un détachement de tout ce qu'il crut pouvoir mettre hors du fort. Ce détachement était composé de deux cent cinquante Français et de six cents sauvages ; et le sieur de Beaujeu qui le commandait avait avec lui les sieurs Dumas et Ligneris^ tous deux capitaines Il attaqua les Anglais avec beaucoup de vivacité.

Les deux premières décharges de leur artillerie firent un peu reculer sa petite troupe, mais à la troisième, où il eut le malheur d'être tué, le sieur Dumas, qui prit le commandement, le sieur de Ligneris et les autres officiers, suivis des Français et des sauvages, tombèrent avec tant de vigueur sur les Anglais qu'ils les firent plier à leur tour. Ceux-ci se défendirent encore quelque temps en faisant très bonne contenance, mais enfin, après quatre heures d'un grand feu ils se débandèrent et la déroute fut générale. >► D'après le Journal historique du règne de Louis XV, % les papiers et instructions du général BraddocK sont pris, et on y découvre le projet formé par les Anglais, au milieu de la paix, pendant le cours des négociations les plus sincères en apparence pour le règlement des limites de l'Acadie, d'envahir la plus grande partie des établissements français dAmérique. »

Année i y55, 251

S'ils reviennent en ces lieux, Nous leur paierons leurs voitures.

Nous annonçons à Vaudreuil ^ Cette triste déconfiture; Il leur en marque son deuil,

Turelure, A la pointe de la chevelure, Robin turelure lure.

LA

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