‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 148 sur 213 · DES SOUS-FERMIÈRES A PLUTUS · texte numérisé non relu

DES SOUS-FERMIÈRES A PLUTUS

Des superbes palais Où, grâce à tes bienfaits, Nous vivions en duchesses ; Nous t'adressons nos cris Et ceux de nos maris, Puissant Dieu des richesses !

Eh quoi I nous verra-t-on • Sans train, sans équipage,

Année iy55. 255

En baissant notre ton Rehausser d'un étage, Ainsi que les bourgeois N'ayant, comme autrefois.

Que laquais sans livrées.

Supprimant le portier, Bien plus le cuisiniep!

Serons-nous donc livrées A l'affreux désespoir De n'avoir plus, le soir, Ni le duc ni le comte; Louant d'un repas fin Et les mets et le vin?

Oh ! pour nous quelle honte.

En renonçant aux grands, De revoir nos parents !

Du serpent de l'envie Déjà quel sifflement I La noblesse, ravie De notre abaissement.

Oublie en ce moment Que d'illustres familles.

Pour obtenir nos filles, Tombaient à nos genoux.

Chose assez ordinaire :

Plutus nous est contraire ; On se moque de nous.

Pour comble de disgrâce, Chacun bénit la main Qui veut de notre race

256 Clairamhault^Maurepas,

Purger le genre humain.

Ah ! périsse la France, Culbute l'univers.

Avant que la finance Éprouve un tel revers.

C'est le nerf de la guerre.

S'il faut la soutenir Et sur mer et sur terre.

Comment entretenir Nos jeunes capitaines, En bonnes citoyennes Qu'ils trouvaient au besoin ?

C'est nous qui prenions soin De faire leurs recrues ; Leurs troupes à nos frais Étaient entretenues; Et comment désormais Payeront-ils leurs dettes ?

Comme nous l'ofiicier Peut dire : Adieu, panier, Nos vendanges sont faites.

Année iy55, 257

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