‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 16 sur 213 · LA CAMPAGNE DE FLANDRE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE DE FLANDRE

CÉLÉBRONS à haute voix Le monarque de la France;

I. C'est le 3 mai que le Roi quitta Paris pour aller en Flandre. « Il avait une armée florissante que le comte d'Argenson, secrétaire d'État de la guerre, avait pourvue de tout ce qui pouvait faciliter la guerre de campagne et

de siège A son approche, les Hollandais, qui avaient

promis de se joindre aux troupes de la reine de Hongrie et aux Anglais, commencent à craindre. Ils n'osent remplir leur promesse. Ils envoient des députés au Roi au lieu de troupes contre lui. Le Roi prend Courtray (le i8 mai) et Menin (le 5 juin), en présence des députés. Le lendemain même de la prise de Menin, il investit Ypres (6 juin)... Ypres capitula bientôt (25 juin) ; nul momei^t n'était perdu. Tandis qu'on entrait dans Ypres, le duc de Boufflers prenait la Kenoque, et le Roi allait, après ces expéditions, visiter les places frontières. » (VOLTAIRE, Sièc/â de Louis XV.)

Année 1744. 23

Tous œux qui suivent ses lois Doivent être en réjouissance.

Chantez tous, ainsi que moi, Vive Louis, notre bon Roi I

Que ses bontés ont d'appas !

Que sa bravoure est extrême !

Il aime tous ses soldats Parce qu'il est soldat lui-même.

J'entends partout publier Qu'il est son premier grenadier.

De Menin tous les bourgeois

Sont charmés qu'il soit leur maître ;

On dit qu'ils étaient Français Bien longtemps avant que de l'être ;

Ces bons Flamands criaient tous :

Souâ votre loi conservez-nous.

A ses guerrières ardeurs

Les exploits seront faciles ;

Quand on a pris tous les cœurs On prend bientôt toutes les villes ;

L'amitié sur les esprits Fait plus d'effet que les fusils.

Sans craindre les coups du sort, Son ardeur partout est grande ; Il ordonne, mais d'abord, Lui-même fait ce qu'il commande.

24 C lairambault'Maurepas,

Cet illustre souverain Se met le premier en chemin.

Jamais le fer ni le plomb

N'ont arrêté sa personne;

S'il ne craint point le canon, Je ne vois rien là qui m'étonne;

Est-il possible, morbleu I Que le soleil craigne le feu?

Sa présence réunit

Les cœurs et les caractères,

Même zèle, même esprit.

Préside à toutes nos affaires ;

Deux cent mille hommes sous lui.

Ne font plus qu'une âme aujourd'hui.

Goûtez bien votre bonheur.

Vous, dont il est camarade ; .

. Pour moi, je sens que mon cœur Loin de mon chef devient malade;

Pour voir un Louis charmant, J'en donnerais mille à l'instant.

Je languis autant que toi

Depuis sa cruelle absence.

Avec le portrait du Roi, J'en vois qui prennent patience ;

Mais tous ces portraits, ma foi, Sans lui n'ont point d'attraits pour moi.

Année 1744, 25

De ses jours on a besoin.

Grand Dieu ! la France vous prie

De vouloir en prendre soin ; Veillez sans cesse sur sa vie;

Car si vous n'y pensez pas, Lui-même en fait trop peu de cas.

Conservez son rejeton* ;

Le fruit d'un arbre semblable

Ne peut être que très bon.

Déjà chez lui tout est aimable;

De plus en plus il se rend Digne fils d'un père aussi grand.

Page 1