‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 183 sur 213 · EPITRE A MADAME DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

EPITRE A MADAME DE POMPADOUR

Voulez-vous, belle marquise.

Qu'avec ma rustique franchise Je vous fasse mon compliment Sur votre bon gouvernement ?

Mais à ce ton véridique N'allez pas me croire caustique; Je ne suis qu'un franc campagnard,

I. L'un des fils de Fréron, le célèbre conventionnel, avait eu pour parrain l'ex-roi • de Pologne Stanislas» et l'autre le duc d'Orléans.

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De la critique ignorant l'art- J'admire avec toute la France Votre aptitude et votre aisance A démêler les grands talents Pour tous les emplois importants :

Fussents-ils à titre de grâce, Tous les sujets sont à leur place.

Pauvres esprits des temps passés, Vous étiez donc embarrassés Pour des gueniers et des ministres ?

Allez I vous n'étiez que des cuistres.

Pompadour, en moins de dix ans, Vous en fera voir plus de cent, Soit de l'une ou de l'autre espèce, Qui tous, guidés par sa sagesse.

Forment tous les jours des projets, Si bien combinés, si parfaits.

Que tout tourne à notre avantage.

Mais notre Roi, bon homme et sage.

Qui s'est expliqué nettement Ne tendre à l'agrandissement, Pour les arrêter dans leur course Sait à propos dénouer sa bourse En calmant leur ambition Par une forte pension ^ ; Ils s'en vont sans dire grâce.

Bientôt par d'autres on remplace

I. Les ministres disgraciés étaient toujours favorablement traités sous le rapport pécuniaire. « Comme le

vil. 27.

Ji8 Clairambault-Aîaurepas,

Ces timons du gouvernement.

Sans savoir pourquoi ni comment ; Celui qui conduit la marine ^ Jurerait que la Caroline De l'Europe est un continent.

Tous sont de même, et cependant Il vient sans cesse à mon oreille Que tout va chez nous à mer\'eille :

Tant il est vrai que gens d'esprit Savent tout sans l'avoir appris.

J'en ai bien un peu moi, madame, Si je pouvais toucher votre âme, Et que là, de bonne foi, Vous voulussiez parler pour moi; Tenez, voici mes connaissances :

J'aime à la rage les finances.

Et je pourrais comme Bertin*

poste devenait glissant, leurs confrères prudemment crurent devoir porter S. M. à une généreuse munificence, afin d'en profiter à leur tour en cas de disgrâce. » {Vie privée de Louis XV.)

1. Nicolas-René Berryer, ancien lieutenant général de police et membre du conseil des dépêches, avait été nommé ministre de la marine en novembre 1758. « Chacun fut confondu d'étonnement à cette nouvelle; on se demandait si l'on voulait absolument achever notre perte avec un pareil ministre. Ce personnage n'avait jamais annoncé aucun des talents qu'exigeait la place délicate où l'on relevait Il avait beaucoup d'ignorance, mais davantage encore de présomption et d'entêtement. » (Vie privée de Louis XV).

2, Henri Bertin, ancien intendant du Roussillon et de Lyon, occupait le poste de lieutenant général de police,

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Amener Teau à mon moulin.

Si dans l'emploi du ministère Vous me destiniez à la guerre, Je crois que, sans trop me targuer, Je pourrais bien m'y distinguer; Je ferais valoir là ma lance.

Pour assouvir dans l'opulence Les goûts les plus voluptueux, D'Argenson ne faisait pas mieux.

Au reste, j'ai de la vaillance Autant que militaire en France.

Je puis donc faire un général :

Je sais par cœur tout Annibal, J'ai combattu deux ans cornette Et j'ai vaincu mainte vedette.

Après de semblables exploits, Vous vous imaginez, je crois, Que je puis sans fanfaronnade Égaler Soubise et Contades *. Je laisse à votre intégrité A voir en quelle qualité Je pourrais servir ma patrie.

Employez-moi donc, je vous prie.

Sur la liste des candidats

depuis 1757, lorsqu'il fut appelé au contrôle général des finances (octobre 1759).

I. Louis de Contades, maréchal de France, qui avait succédé au prince de Soubise à la tête de l!armée d'Allemagne, s'était laissé battre à Minden (i**" août 1759) P^^ Ferdinand de Brunswick.

320 Clairambault'Maurepas.

Du cabinet ou des combats ; Mon respect pour ma protectrice Sera le prix de sa justice.

LA

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