LA BATAILLE DE FONTENOY
JToNS vu le poème fringant Fait par ce monsieur Voltaire*; Quoiqu'il ait de l'esprit tant Est-ce que je devons nous taire ?
Pour briller tout comme lui, Je n'avons qu'à chanter Louis.
Aux plaines de Fontenoi Si t'avais vu ce monarque, Son air inspirant l'effroi Semblait commander à la Parqup,
1. Fontenoy est un petit village de Belgique voisin de l'Escaut et à deux lieues au sud-est de Tournay, où les Français, commandés par le maréchal de Saxe et Louis XV, triomphèrent des Anglo-Hollandais sous les ordres du duc de Cumberland.
« Cette action décida du sort de la guerre, prépara la conquête des Pays-Bas et servit de contre-poids à tous les événements malheureux. Ce qui rend encore cette bataille à jamais mémorable, c'est qu'elle fut gagnée lorsque le général affaibli et presque expirant ne pouvait plus agir. Le maréchal de Saxe avait fait la disposition et les officiers français remportèrent la victoire. » (Voltaire.)
2. Voltaire, alors historiographe de France, venait de faire imprimer un petit poème sur la bataille de Fontenoy.
58 Clairamhault'Maurepas.
Ses «nnemis criaient tous :
Le voilàj morbleu i sauvons-nous.
On voyait aussi partout Le mari de la Dauphine * ; De son père il a le goût, La bonté, le cœur, la mine; Cest grand bien d'être papa Quand on a des enfants comm'ça.
Et toi, brave maréchal.
Toi, de Saxe le grand comte*,
Si Ton trouvait ton égal,
Je dirais : bon ! queu chien de comte,
Car je n'y vois que le Roi
Qui puisse l'emporter sur toi,
V©us aussi, braves guerriers, ♦ Colonels et capitaines.
Et vous autres officiers, Cueillant lauriers par centaines.
Je dirai ce qui vous convient.
Mais un moment : v'ià que ça vient.
Les Anglais à leurs dépens Connaissent votre courage, A tous vos coups foudroyants En vain ils opposaient leur rage.