‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 36 sur 213 · DU MARÉCHAL DE SAXE · texte numérisé non relu

DU MARÉCHAL DE SAXE

Que tout dans ces lieux retentisse, Pour célébrer le grand Maurice ; Qu'un rouge bord et souvent répété

I. Hermann-Maurice, comte de Saxe (1696-1750), était fils de rélecteur de Saxe, roi de Pologne, Auguste II et de la comtesse Aurore de Kœnigsmark. Après avoir fait ses premières armes contre Louis XIV, il entra en 1720 au service de la France, avec le grade de maréchal de camp, devint lieutenant général en 1734, et maréchal de France dix ans après. Il fut le héros de la guerre de la succession d'Autriche par ses victoires de Fontenoy, de Raucoux et de Lawfeld. En récompense de ses services, Louis XV lui donna le château de Chambord , avec 40,000 livres de revenu, le proclama Français par des lettres de naturalisation qui étaient un véritable panégyrique, et l'honora enfin du titre de maréchal général que Turenne et Villars seuls avaient porté avant lui.

vu. 6.

66 Clairambauli-Maurepas.

Marque nos vœux pour sa santé ; Quelle santé pourrions-nous boire Qui fût plus chère à notre cœur?

Né pour Tamour, né pour la gloire, ' Maurice fut toujours vainqueur.

Quand Mars le laisse auprès des belles, Il est charmant, il n'aime qu'elles; Jamais l'Amour ne vit par plus d'exploits Exécuter ses douces lois ; Mais quand Bellone, au bruit des armes.

Vient rassembler tous nos guerriers, Maurice court à ses lauriers ^

Ainsi toujours son grand courage Brûle d'un feu qui le partage Entre l'amour et le dieu des combats, Dont tour à tour il suit les pas ; Vive un héros, fier et terrible.

Quand Mars l'appelle à ses travaux ;

I. « Il a justement mérité le reproche de n'avoir pas été assez délicat dans ses plaisirs puisqu'ils l'ont conduit au tombeau par une fin prématurée. Autrement ce goût excessif des courtisanes est peut-être le principe de ses exploits et de sa gloire. Si leur commerce était nuisible à sa santé et affaiblissait ses facultés, il n'ôtait rien à la liberté de son esprit ; son âme conservait toute son énergie. Il sentait le danger d'une tendresse excessive... L'amour étant chez lui im besoin et non une passion, il ne donnai.! à la nature que ce qu'il ne pouvait pas lui ôter. » ( Vie privée de Louis XV.)

Année 1^4^. 67

Vive un héros, tendre «et sensible, Quand Mars a plié ses drapeaux ^.

Page 1