MM. de Belle-Isle et Maillebois. (M
lO Clairambauit'Maurepas,
Forcer la liberté des puissances suprêmes
A se choisir un chef qu'ils désignent eux-mêmes.
Et payer dignement la constante amitié
D^un prince à nos malheurs dans tous les temps lié ;
Mais l'Europe, à travers ce pompeux héroïsme.
Pénètre les ressorts d'un secret despotisme,
Et sous le faux semblant d'assister nos amis,
Dans trois ambitieux voit ses vrais ennemis.
Prétexte ambitieux et plein d'extravagance 1
Ainsi pour s'agrandir on engage la France ;
Car si ces souverains, ouvrant enfin les yeux,
Repoussent sur Louis ces traits injurieux,
Par leurs coups réunis sa puissance écrasée
Fera de nos voisins l'éternelle risée.
Ainsi donc trois monstres, sans talents et sans mœurs,
Changeront l'univers au gré de leurs fureurs.
Et l'appât d'assouvir leur fière convoitise
Sera l'unique but d'une telle entreprise ;
Pour nous perdre, en effet, que n'ont-ils pas tenté ?
Aux plus cruels excès le crime s'est porté. '
Cet évêque apostat, ces suppôts de Bellone,
Feront-ils de la France une autre Babylone ?
Le Roi de ses sujets connaît les sentiments.
Mais la nécessité suspend tous les serments ;
Ces Français, de tout temps si jaloux de leur gloire.
Qu'accompagnait partout l'éclat de la victoire.
Qui, pour punir l'orgueil d'un ministre insolent *,
Mirent deux fois ses biens et ses jours à l'encan.