‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 82 sur 213 · Le roi Louis XV. (M · texte numérisé non relu

Le roi Louis XV. (M

Année 1^48* 133

Plus sûrs et plus flatteurs que ceux de ta naissance, Ces droits vont doublement affermir ta puissance ; Mais sur le trône assis, cher prince, souviens-toi Que ce peuple superbe et jaloux de sa foi N'a jamais honoré du titre de grand homme Un lâche complaisant des Français et de Rome*.

I. Le chevalier de Saint-George, père du prince Edouard. (M.)

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LES POISSONNADES*

Les grands seigneurs s'avilissent, Les financiers s'enrichissent,

I. Cette chanson fut attribuée, avec juste raison, au comte de Maurepas, qui s'était déclaré l'ennemi de la marquise dès le commencement de sa faveur, soutenu en cela par le Dauphin, là Reine et le théatin Boyer, directeur de la feuille des bénéfices. Maurepas en est désigné comme l'auteur dans les Mémoires apocryphes qui portent son nom. Le coupable en cette afifaire ne pouvait être qu'un courtisan, ainsi que Collé l'a judicieusement observé : «On m'a donné des couplets qui courent sur M"*" de Pompadour ; de six, il n'y en a qu'un de passable. On voit bien, au reste, qu'ils sont faits par des gens de la cour^ à leur négligence et à leur malignité ; la main de l'artiste n'y est pas, et d'ailleurs il faut que ce soient gens qui vivent à la coiu", pour savoir quelques particularités qui sont dans ces couplets. » Mais ce n'était point Maurepas, et Collé luimême l'a constaté dans une note de son tourna/ : « M. de Pont de Veyle es: l'auteur de ces couplets, qui furent la cause de la disgrâce et de l'exil de M. de Maurepas, qui y avait mis son grain de sel, et chez lequel ils furent faits à souper. M. de Pont de Veyle fut obligé, quelque temps

136 Clairamhault-Maurepas.

Tous les Poissons s'agrandissent *, Cest le règne des vauriens; On épuise la finance En bâtiments, en dépense; L'État tombe en décadence; Le roi ne met ordre à rien/ rien, rien, rien.

Une petite bourgeoise, Élevée à la grivoise, Mesurant tout à sa toise, Fait de la cour un taudis ; Le Roi, malgré son scrupule.

Pour elle follement brûle ; Cette flamme ridicule Excite dans tout Paris, ris, ris, ris.

Cette catin subalterne Insolemment le gouverne.

Et c'est elle qui décerne Les honneurs à prix d'argent; Devant l'idole tout plie, Le courtisan s'humilie ; Il subit cette infamie.

Et n'est que plus indigent, gent, gent, gent.

après, de se démettre de sa place d'intendant des chasses, qu'il n'exerçait pas et qui lui valait 25,000 livres. Encore eut-on la sotte bonté, quand il fut chassé, de lui conserver une pension de mille écus sur cette place. Telle était la faiblesse de Louis XV. »

I. On veut parler ici de M'"^ de Pompadour et de son frère M. de Vandières. (M.)

Année 1749* ^37

La contenance éventée, La peau jaune et truîtée.

Et chaque dent tachetée, Les yeux fades, le col long, Sans esprit, sans caractère, L'âme vide et mercenaire ; Le propos d'une commère, Tout est bas chez la Poisson, son, son, son.

Si dans les beautés choisies Elle était des plus jolies.

On pardonne les folies Quand l'objet est un bijou ; Mais pour si mince figure Et si sotte créature S'attirer tant de murmure.

Chacun pense le Roi fou, fou, fou, fou.

Il est vrai que pour lui plaire Le beau n'est pas nécessaire ; Vintimille* sut lui faire Trouver son grouin gentil ; On croit aussi que d'Estrade*, Si vilaine, si maussade.

Aura bientôt la passade.

Elle en a l'air tout bouffi, fi, fi, fi.

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