‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 9 sur 213 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Choisir au village Des miliciens, Blessait le courage Des Parisiens ; Mais cette injustice Va se réparer, Puisqu'à la milice* L'on nous fait tirer.

Çà, point de faible5se> Chassons la frayeur,

1 . Sous Fancien régime, les troupes françaises étaient, en majeure partie, recrutées par engagements volontaires. C'est seulement en 1688 que Louis XIV imposa aux communautés l'obligation de lever des recrues appelées milices. Une ordonnance de 169 1 régla que désormais les miliciens seraient désignés par la voie du sort; c'était l'établissement d'une sorte de conscription forcée. Paris fut astreint pour la première fois au tireige de la milice en 1743*

2. « Grand mouvement dans la ville de Paris ! Le 13 de ce mois (février), on a affiché une ordonnance du Roi pour la levée de la milice dans cette ville, et une ordonnance de M. de Marville, lieutenant général de police, que le Roi commet pour l'exécution du 10 de ce mois. La milice est fixée à dix-huit cents hommes, dans Paris, de garçons de l'âge de seize ans jusqu'à quarante et de cinq pieds au moins. » {Journ, de Barbier.)

Année 1/43.

Fringante jeunesse, Tirons de bon cœur; Si le sort propice Peut tomber sur moi, Quel autre service Vaut celui du Roi ?

Destin, prenez garde, Levez mon espoir ; Vite une cocarde J'ai un billet noir*; Que Ton m'enregistre Fortuné hasard, J'étais un bélître.

Je suis un César.

Jadis mercenaiie, Quittons le travail, £t de militaire Prenons l'attirail ; Porter le tonnerre, Le noble métier,

I. Le tirage de la milice eut lieu, à l'hôtel des Invalides, à partir du 17 avril. « Cela s'est pratiqué chaque jour av«: ordre et sans aucun tumulte. Ceux qui ont des billets blancs s'en vont en courant et de bon cœiu'; ceux qui ont des billets noirs prennent cela avec patience, et le tout boit de côté et d'autre au retour. Dans les rues on ne voit que des miliciens avec leiu"s cocardes qui ont bu. » {Journ. de Barbier.)

VI r. 2

14 Clairambault'Màurepas,

Pour mon nom de guerre, Je prends Sans-Quartier.

Déjà ma bravoure Brûle d'être au feu ; Ventrebleu ! Pandoure ^, Nous verrons beau jeu ; Qu'un diable m'avale.

Si je ne vais pas, Dans votre timbale Faire un bon repas.

Louis nous rassemble, Portons la terreur; Que l'ennemi tremble Et n'ayons pas peur.

Partageons sa gloire Comme ses exploits, Forçons la victoire De suivre ses lois.

Buveur et bon drille, Je suis un grivois.

Mais j'aime la fille Moins que le pivois *.

Souvent la donzelle Fait, à notre endroit.

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