‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 90 sur 213 · L'ENTERREMENT DE M. COFFIN · texte numérisé non relu

L'ENTERREMENT DE M. COFFIN

Grand Dieu, par ta toute-puissance, Tu as su forcer Bouettin, Malgré toute sa répugnance, D'inhumer l'illustre Coffin *.

Chacun croit en cette soirée Voir en ce lugubre moment Aman conduire Mardochée, En attendant son jugement.

Tel crut le voir, comme un coupable, Étole au col, cierge à la main.

I. M. Coffin, ancien recteur de l'université de Paris et principal du Collège de Beauvais, mort le 20 juin, à qui le P. Bouettin, curé de Saint-Étienne-du-Mont, avait refusé les sacrements. (M.) — « C'était, dit Barbier, un très grand janséniste, des plus accrédités, homme savant et d'esprit ; de manière que le collège de Beauvais était fort

en vogue Il a été question de lui donner les sacrements;

le curé de Saint-Etienne, sa paroisse, les a refusés, faute du billet de confession. Cela a fait du bruit dans Paris ; M. Coffin^ son neveu, qu'il a fait conseiller au Châtelet, a été se plaindre chez M. le premier président, lequel l'a renvoyé à M. l'archevêque, qui a opposé le défaut de preuve de confession. A force d'aller et venir M. le principal est mort sans confession ni sacrements et il est regardé comme un saint. »

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Année iy49- '49

Faisant une amende honorable D'avoir traité si mal un saint *.

Coffin, le ciel est ton partage, Chacun chérit ta probité ; Le Parlement te rend hommage, Et même TUniversité.

Tu nous apprends par ta conduite Qu'il faut aimer la vérité; Qu'en fuyant la bulle maudite, On parvient à l'éternité.

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