‹ Chansons à direChapitre 106 sur 130 · LE V0Y4GE AÉRIEN · texte numérisé non relu

LE V0Y4GE AÉRIEN

J'ai rompu le dernier lien Qui me rattachait à la terre; Sur mon navire aérien Je m'élance dans l'atmosphère,

Le tissu flexible et léger, Que gonfle le subLil fluide, Part, sans secousse et sans danger, Au hasard du vent qui le guide.

La terre s'éloignf. de moi; Je glisse dans l'air diaphane ; Je vois l'abîme sans eflroi, Et dans l'immensité je plane.

Les champs dorés et les prés verts, Les eaux d'argent, les toits de brique, Forment, avec leurs tons divers.

Une éclatant» mosaïque.

Sous uu brouillard épais et lourd Les villes grisâtres pâlissent; Leur aspect sombre et leur bruit sourd Dans le néant s'ensevelissent.

0 les humaines passions,

Les espérances mensongères 1

0 les basses ambitions

Qui grouillent dans ces fourmilières!

Adieu, terre 1 j'ai pris mon vol Au delà des zones connues ; Mes pieds ne touchent plus le sol; Je sonde l'infini des nuesl

Voici le zénith étoile; L'horizon disparaît immense; Il semble que Dieu m'ait parlé, Et que l'éternité commence!...

Mais l'air plus rare a, dans les cieux, Ralenti mon élan rapide ; Le froid me saisit, et mes yeux Se sont couverts d'un voile humide.

Ah! c'en est fait, l'immensité Ne sied qu'à l'essence divine; Je sens bien que l'humanité Frémit encore en ma poitrine.

Sur le sol qui soutint mes pas Est une famille que j'aime ;

Dâs amis m'attendent là-bas,

Qui me sont plus chers que moi-même.

Ah ! que le soleil était beau !

Je veux, je veux fouler la terre, La terre qui fut mon berceau, Et qui couvrira ma poussière!

Terre, terre, je te revois!

Salut, ma maison sédentaire, Gaîté des champs, calme des bois!

Salut, mes sœurs, salut, ma mèrel

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