LA NOUVELLE CHANSON
Chanson, il faut changer de style :
Quel ne serait pas ton honneur, Si tu pouvais te rendre utile.
Sans perdre ton aimable humeur?
Les ans ont blanchi notre tête, L'orage a courbé notre corps; Bénis soient l'âge et la tempête.
S'ils rendent nos fils fiers et forts.
Il faut, sous un refrain frivole, Cacher une leçoa :
Charme, élève, console Et vole, vole, vole, Chanson 1
Tu ne verseras plus à boire A des paresseux avinés ; Tu n'exalteras plus la gloire Des soudards indisciplinés.
Mais chante les vertus guerrières Des enfants qui sont notre espoir; Célèbre les mains ouvrières Qui, simplement, font leur devoir.
Ne Halte plus la populace, Ni les puissant ni les partis :
Prends la balance, prends ta place Plus loin des grands que des petit».
Mets ton iniluence au service Du droit et de l'humanité :
Tu tiens, avec le fouet du vice, L'aiguillon de la charité.
Cours recueillie et cadencée, Sois la joie ou l'allégemeat, L'expression d'une pensée Ou la note d'un sentiment.
Ne crain.s pas de mouiller ton aile Aux pleurs des humaines amours.
L'amour est la chose éternelle; L'éternel est jeune toujours.
Ne sois plus satire et scandale.
Ne sois plus le rire moqueur; Fais-toi conseil, fais-toi morale, Sois saine à l'esprit comme au cœur.
Sois la lueur avant-courrière Du jour qui vient se rapprochant.
Et, s'il se peut, fais-toi pi'ièrc :
La prière est encore un chant.
Il faut, sous un refi-ain frivole, Cacher une leçon :
Charme, élève, console Et vole, vole, vole, Chanson !