LA PRINCESSE JULIE
La princesse russe Julie.
Plante du Nord, lleur des frimas,
Fut atteinte d'une folie
Assez commune en ces climats.
Dans ses campagnes de touriste, Toujours courant et voyageant.
Elle s'éprit d'un jeune artiste, Célèbre, mais presque indigent.
Elle alla seule et d'eiie-mème
Le trouver, lui tendit la main
En disant : « Mon cher, je vous aime :
Voulez-vous m'épouser demain?
— « Si je veux!... Mais, pardon, madame. Vous êtes riche, à ce qu'on dit.
Moi, je n'ai rien. Le monde blâme .Vhomme que l'amour enrichit.
«Oh! si j'étais de votre caste, Je dirais : Oui, mais je dis : Non.
La pauvreté doit être chaste.
Je ne ternirai pas mon nom. »
On dit quR la princesse altière S'était enfuie on ne sait où, Pour léguer sa fortune entière Aux pauvres Français de Moscou.
Un soir, chez l'artiste rebelle, Elle entra comme un revenant, « Ami, je suis pauvre, dit-elle.
Tu peux m'épouser maintenant. »
CHANSONS PHILOSOPHIQ.UES