CHEVAL ET CAVALIER
J'ai mis le pied dans l'étrier; Que ton galop, mon fier coursier,
Au loin m'emporte!
Ton pauvre maître devient fou; 11 faut aller... je ne sais où...
Qu'importe?...
Comme elle me croyait bien pris Dans le réseau de ses mépris,
La fille blonde!
Fuyons la sirène aux yeux doux; Il faut placer entre elle et nous Le monde 1
Tous les jours, nous partions ainsi, Légers d'allure et de souci, Pour voir la belle.
Evite le sentier étroit Que tu connais, et qui va droit Chez elle.
Qu'elle est fière de ses attraits, De ces faux dieux que j'alorais, De sou (eiiît pilie.'
PETITS POEMES AMOUREUX i37
Le ciel se mire en ses yeux bleus ; Sa voix, comme un chant amoureux, S'exhale !
Mon âme a repris sa fierté, Et je lui jette en liberté
Mon anathème.
0 mes lèvres, que vous mentiez I Tous les jours vous lui répétiez :
Je t'aime!
0 la capricieuse enfant,
Qui n'aime pas, et qui défend
D'aimer les autres!
Heureux les cœurs sans amitié, Qui n'ont jamais pris en pitié Les nôtres!
Fuyons, fuyons; voici l'instant Où, tous le= soirs, elle m'attend.
Froide et touchante.
Et moi, je fuis loin de ces lieux, Sans une lai'me dans les yeux :
L Je chante I...
Mais qu'ai-je vu? Le vert gazon, L'allée obscure, la maison...
Ah! plus de doute :
Maudits cheval et cavaHer, Qui ne sauraient pas oublier Leur route !
Fuyons, fuyons; presse le pas...
Mais non; ne l'aperçois-tu pas
A sa fenêtre?
11 faut lui dire adieu; demain, Nous nous remettrons en chemin.
Peut-être?...