LA FORET
Un joui', j'errais solitaire Dans ce bois plein de mystère Qui nous fît des jours si doux; Je laissais à la dérive Aller ma pensée oisive; Sans doute elle alla vers vous.
Car j'étais dans cette allée
Isolée Que vous connaissez si biei; Et l'on pense à ce qu'on aime,
Alors même Qu'on croit ne penser à rien.
Déjà la rapide automne J Avait flétri la couronne Des tilleuls prompts à jaunir, Et les feuilles détachées Sous mes pas craquaient séchées, Quand je vous sentis venir.
Je vis s'emplir de lumière
La lisière Des bosquets hospitaliers,
13i CUANSO.NS A DiUE
Et, sur les Lrauclies inuelles,
Les fauvettes Dirent leurs chants prinlaniers.
De sa longue écharpe verte La forêt s'était couverte :
Vous reveniez parmi nous.
Vous marchiez encor plus belle; C'était la saison nouvelle Qui revenait avec vous.
Nous nous assîmes ensemble
Sous ce tremble Qui se balance là-bas; Et, dans nos propos inlijies,
Nous nous dîmes Ce que l'on se dit tout bas.
Vous aviez repris, moins fière, Voti'e indulgence première, Votre sourire perdu; Vous excusiez mon audace, Car rien ne marque la trace D'un baiser pris et rendu.
Tout à coup un corbeau passe
Dans l'espace. Poussant un cri plein d'etfroi....
L'illusion de mon rêve
Fut trop brève; Vous n'étiez pas près de moi.
PETITS POÈMES AMOUREUX i33
Le ciel chargé île nuages Etendait sur les bocages Son manteau lourd de frimas; L'avenue était déserte ; La forêt n'était pas verte; Les oiseaux ne chantaient pas.