‹ Chansons à direChapitre 47 sur 130 · LA FORET · texte numérisé non relu

LA FORET

Un joui', j'errais solitaire Dans ce bois plein de mystère Qui nous fît des jours si doux; Je laissais à la dérive Aller ma pensée oisive; Sans doute elle alla vers vous.

Car j'étais dans cette allée

Isolée Que vous connaissez si biei; Et l'on pense à ce qu'on aime,

Alors même Qu'on croit ne penser à rien.

Déjà la rapide automne J Avait flétri la couronne Des tilleuls prompts à jaunir, Et les feuilles détachées Sous mes pas craquaient séchées, Quand je vous sentis venir.

Je vis s'emplir de lumière

La lisière Des bosquets hospitaliers,

13i CUANSO.NS A DiUE

Et, sur les Lrauclies inuelles,

Les fauvettes Dirent leurs chants prinlaniers.

De sa longue écharpe verte La forêt s'était couverte :

Vous reveniez parmi nous.

Vous marchiez encor plus belle; C'était la saison nouvelle Qui revenait avec vous.

Nous nous assîmes ensemble

Sous ce tremble Qui se balance là-bas; Et, dans nos propos inlijies,

Nous nous dîmes Ce que l'on se dit tout bas.

Vous aviez repris, moins fière, Voti'e indulgence première, Votre sourire perdu; Vous excusiez mon audace, Car rien ne marque la trace D'un baiser pris et rendu.

Tout à coup un corbeau passe

Dans l'espace. Poussant un cri plein d'etfroi....

L'illusion de mon rêve

Fut trop brève; Vous n'étiez pas près de moi.

PETITS POÈMES AMOUREUX i33

Le ciel chargé île nuages Etendait sur les bocages Son manteau lourd de frimas; L'avenue était déserte ; La forêt n'était pas verte; Les oiseaux ne chantaient pas.

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