RETOUR DU VOYAGE
L'oiseau qui jadis s'envola Est enfin rentré dans sa cage.
Le voici, te voilà !
Raconte-moi ton long voyage.
Ne te livre pas à demi :
Fais-moi toutes tes confidences.
Ta femme devient ton ami ; Dis-lui tes plaisirs, tes souffrances, Et, s'il en fut, tes défaillances...
Ou plutôt, non, ne me dis rien.
Ecoute : c'est moi qui raconte Ce que lu fis : par ce moyen, Je ne metti'ai pas à ton compte Ce qui pourrait te faire honte.
Car tu n'as pas été sans voir Ces beautés vives ou légères, Ces Romaines au grand œil noir, Ou ces sirènes étrangères, Astres errants. Heurs passagères...
Mais tu ne pouvais oublier
Que d'autres, moins belles peut-être.
Restaient assises an foyer,
Les yeux tournes vers la fenêtre; La maisoa attendait son maître.
N'est-il pas vrai? J'ai bien compris Que tu n'as pas souillé ton âme, Que rien n'est beau comme Paris, Qu'il n'est pas d'amour ni de flamme Qui vaille le cœur de ta femm'?. !
L'oiseau qui jadis s'envola Est enfin rentré dans sa cage.
Le voici, te voilà!