‹ Chansons à direChapitre 81 sur 130 · HISTRION · texte numérisé non relu

HISTRION

Histrion que la nature

A suffisamment orné

D'une grotesque figure,

D'un corps grêle et d'un long né,

Cul-de-jatte de la gloire

Sur des tréteaux affermi.

Raconte-moi ton histoire,

Histrion, mon pauvre ami.

Dans un temps de décadence, Tu dois trouver la faveur.

Où l'esprit est en souffrance.

Le burlesque est en honneur.

Triomphe donc à ton aise ; Le Gaulois s'est endormi ; A toi la gaîté française.

Histrion, mon pauvre ami!

Tu gagnes de fortes sommes (Et c'est justice après tout) A faire pâmer les hommes :

Les femmes ont plus de gof't.

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Mais la tienne?... Car lui-int'niB N'es pas époux à demi.

Te dit-elle qu'elle l'aime, Histrion, mon pauvre ami?

Si jamais tu deviens pore, Par respect pour tes enfants, Tu leur cacheras, j'espère.

Tes triomplies décevants.

Accumule dans leur bourse L'épargne de la fourmi, Sans qu'ils en sachent la s lurcc, Histrion, mon pauvre ami.

Que souvent tu dois maudire L'art qui te fait admirer!...

Mais tu nous ferais trop rire.

Si tu venais à pleurer.

Rien ne se lit sur ta face, Et, si ton cœur a gémi.

Allons, vite, une grimace.

Histrion, mon pauvre ami!

Mais non; le monde l'.idore, Il le dit et tu le sais.

Hier, je t'entendais en ore Te vanter de tes succès.

Je riais de ta faible.sse ; Mais tout à coup j'ai frémi :

Je songeais à ta vieillesse, Histrion, mon pauvre amil

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