‹ Chansons à direChapitre 87 sur 130 · LA GRANDE BLESSÉE · texte numérisé non relu

LA GRANDE BLESSÉE

Un soir d'hiver, à l'ambulance, On apporte un soldat blessé.

Rien ne trahit sa défaillance :

11 a le bras droit fracassé.

C'est un vaillant, un volontaire ; Des premiers il était debout.

Pour défendre son bien, sa terre, Pour venger son honneur surtout.

On examine la blessure, Et les médecins rassurés Disent : « La guérison est sûre; Laissez-vous faire, et respirez. »

— « Oh! je vous comprends à merveille, Répond-ilj on dort, n'est-ce pas?

On dort, et, quand on se réveille, On vit, mais on n'a plus qu'un bras.

» Perdre la main qui tient l'épée Ou qui soulève le fardeau.

Qui conduit la plume trempée Ou qui dirige le pinceau,

» Jamais! je défends qu'on y touche 1 Jo sais souffrir, c'est rron méi'.e.v; C'est le dernier mot de ma bouclae :

Je veux mourir ou vivi'e entier! »

Va, nous comprenons ta pensée ; Comme toi nous saurons souffrir!

La France est la grande blessée Qui veut vivre entière ou mourir.

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