LE ROI DE LA FÈVE
Je suis roi de par la fève,
Et mon rêve Doit durer un soii" entier.
Puisqu'il faut qu'on se résigne,
f 030ns digne De notre nouveau métier.
Je ferai de mes richesses
Des largesses :
Mes amis, empressez-vousl Je veux lionorer bien vite
Le mérite; Vous devez en avoir tous.
Mais quoi! l'on m'appelle Sire..;
Qu'est-ce à dire?
Je n*en suis pas irrité ?
Ma Majesté paternelle
Serait-elle Sensible à la vanité?
C'est d'une insigne faiblesse ;
Mais je laisse Mes scrupules sommeiller.
La flatlerie est plus douce
Que la mousse, Et j'en fais mon oreiller.
La vérité chaste et probe
Se dérobe Sous des voiles complaisants :
Je ne puis plus la connaître,
Moi le maître, Qu'à travers mes courtisans.
Qu'ils me semblent méprisables, Mes semblables I
La vertu n'existe pas.
A mesure que je règne, Je dédaigno
Le troupeau qui suit mes pas.
Et parfois, mon cœur fidèle
Me rappelle Ceux à qui j'ai tout promis.
Où sont-ils? Quoi ! ma p'-^seaco
Les offense?
Les rois n'ont jamais d'amis.
Leur affection est morte...
Que m'importe!
Des conseils, je n'en veux plus!
Je veux des bouches muettes,
Des mains prêtes, Des dévouements absolus.
CnANSONS HUMORISTIQUES 267
0 mes projets de justice,
Un caprice Vous emporte tour à tour.
Toute crédulité saiute
S'est éteinte :
Je ne connais plus l'amour.
Désormais je ne veux croire
Qu'à ma gloire; Qu'on la proclame en tous lieux!
Dans mon culte de moi-même,
Je blasphème Et je suis jtiloux des dieux.
Mais qu'entends-je ? Minuit sonne :
Ma couronne Sur mon front vole en éclats.
Ah! j'ai fait un mauvais rêvel
Qu'il s'achève, Mes amis, entre vos bras!
2C8 CHANSONS A DIHE