LES TITANS
AïK ; Quand un tendron vient eti ces lieux. — 66.
Quel nuage plane sur nous?
Frères, le temps est sombre :
L'œuvre des Titans en courroux Sur nous projette une ombre.
Ces géants , comme les démons , Veulent entasser sur les monts,
Les monts !
L esprit sombre comme le temps.
Lorsque j écoute les Titans,
J'entends :
— •' Titans, sous notre joug d'enfer '• S'égarent les pygmées ;
•' A nous l'airain, le plomb, le 1er,
•• Innombrables armées ;
- Fusils, canons, grondez en feu •• Pour étouffer la voix de Dieu ,
" De Dieu!
• Allons , Titans audacieux ,
• Il faut escalader les cieux,
•• Les cieux !
Le monde est un vieillard courbé Dont la grandeur s'efface ; Son Dieu n'est qu'un soleil tombé Que notre or le remplace !
Les siècles s'écoulent en vain , L'homme espérait : il doute entin
^ Enfin !
" Allons, Titans audacieux , " Il faut escalader les cieux ,
" Les cieux ! " —
— II est sur ma tablette, en haut. Un petit christ de cuivre :
Le matin je prie , aussitôt Ce christ me semble vivre !
Et sa croix, symbole infini, Porte un rameau de buis béni ,
Béni !
Et, dans son martyr dorieux, Il dit, en me montrant des yeux
Les cieux :
•' Les siècles de l'humanité
" Sont pour la Providence
" Un instant dans l'éternité :
« L'œuvre de Dieu commence.
" A travers le nuage épais
- J'entrevois l'olivier de paix ,
" De paix !
•• Homme, travaille, prie, attends " Dieu va foudroyer les Titans ! "
— J'attends !