LE BON PRETRE & LE MOURANT
AiH de la Sentinelle. — 31.
" Je vais mourir , mon père ; en ce moment •' Délivrez-moi d'une charge importune.
'' C'est un trésor, et par ce testament •'Je vous le lègue : acceptez ma fortune. "
— '^ Mon fils, êtes-vous sans parents?
" Ils vous ont offensé peut-être :
" Oubliez leurs torts les plus grands, " Au nom du Dieu que je comprends : " Je suis chrétien et je suis prêtre , •' Je suis prêtre. "
" Non, je n'ai plus de parents ici-bas, " Et ma fortune est dignement acquise.
"■ Votre vieux temple est petit , n'est-ce pas l •' Prenez mon or et fondez une église. ^
— '^ Mon fils, pour ce hameau chrétien • Ce temple est tout ce qu'il doit être : " Nul bonheur n'est égal au mien
" S'il est rempli d'hommes de bien •• Quand j'invoque Dieu comme prêtre, " Comme prêtre. ^
" Vous refusez ; et moi qui dans ce lieu " Jetais le bhlme îl celui qui gaspille... " Mon or est là : qu'en ferai-je , mon Dieu l ^ Ah ! c'est afl'reux de mourir sans famille !
— " Sans famille ! Et l'humanité ?
•' D'Adam Dieu nous a tous fait naître.
- Ouvrez à votre parenté " L'asile de la charité •' Et je vous absous comme prêtre, •• Comme prêtre. -
Le moribond accepte ; et de ses yeux Jaillit soudain un rayon de lumière !
C'était son àme : en montant vers les cieux Elle bénit le prêtre en sa prière.
>sous aussi nous le bénissons :
Celui-là de son divin maître Suit les admirables leçons.
Ah ! sur la terre où nous passons Rien n'est plus grand que le bon prêtre , Le bon prêtre.
COUPLETS
A HARTIIELEMY FRISON
à propos de lu slulue de Holaud de Utlrc ['. assus
Musique de M. Hippolyte Héro. — 'is.
C'est bien Lassus : il seml)le qu'il existe î...
Vers lavenir marche , Barthélémy !
Ton œuvre est belle : aujourcriuii dans Tartiste
Je suis heureux de trouver un ami.
Comme à Gallait, Tournai, ta ville chère.
Donna le jour à ton talent si vrai ;
Elle se dit, en son orgueil de mère :
Cest l'œuvre encor d'un enfant de Tournai.
Avec bonheur j'aime à le reconnaître
Et nul ici ne voudrait le cacher :
Nous chérissons le lieu qui nous vit naiîro
Sans nous borner à l'esprit de clocher.
Par ce Lassus, dont tu créas l'image.
Le nom montois l'ut élevé si haut
Et nous disons, fiers de te rendre honunage :
C'est l'œuvre encor d'un enfant du Hainaut.
C'est bien Lassus , prince de rharmoni(* , Front ceint de gloire et d'immortalité : Il va noter une œuvre de génie.
Au livre d'or de la postérité î
En ce beau jour la voix de la patrie Fait tressaillir nos cœurs épanouis :
Avec amour je Tentends qui s écrie :
C'est l'anivre encor d'un enfant du pays !