LA LOI SU II LA CHARITÉ
Air : Cest Varaour, V amour, Vamour. — 78.
Quel vertige affreux vous porte A rétablir la main morte ?
Plus que moines et couvents , Nous aimons nos enfants!
Chanter est aussi du courage Quand l'éclair brille à l'horizon ; Souvent pour conjurer Forage , Le peuple na que la chanson.
Lorsqu'à l'erreur qui passe
Il sent qu'il faut un frein ,
Le peuple dans l'espace
Va jeter son refrain.
Quel vertige affreux, etc.
Quoi ! le pouvoir cherche à défendre , En invoquant la liberté , La main morte qu'on veut nous rendre Sous prétexte de charité !
S'il est tant de misère ,
Empêchez, par vos lois,
L'offrande populaire
Pour les petits Chinois.
Quel vertige affreux, etc.
On verrait chez un peuple sage Les vieux abus remis à neuf?
Mais refaire le moven-àge , C'est refaire quatre-vingt-neuf.
Les lois sont en Belgique Les mêmes pour chacun :
Le prêtre et le laïque Sont dans le droit commun.
Quel vertige affreux, etc.
Enrichir par un privilège Les gens dune communauté.
C'est protéger un sacrilège :
Ils ont fait vœu de pauvreté î
L'Etat se suicide
Si l'on vote la loi.
Mais il a pour égide
La sagesse du Roi.
Quel vertige affreux, etc.
Loin de l'arène politique , Quand le prêtre monte à l'autel , Pour l'avenir de la Belgique , Nos vœux s'élancent vers le ciel.
Dieu vrai dont la lumière
Pénètre nos esprits.
Entends notre prière
Et sauve le pays!
Quel vertige affi'eux vous porte A rétablir la main morte ?
Plus que moines et couvents , Nous aimons nos enfants.
Mai 1857.