LES CEN^DIIES DE NAPOLÉON
Air du Dieu des bonnes gens. — u.
France, réponds, est-il vrai qu'on te rende Les ossements de lelu des élus.
Qui fut si grand et qui te fît si grande Que grande encor tu ne le parais plus ? Ah ! s'il est vrai , Béranger , qui l'adore , De l'univers doit se faire écouter :
Le chansonnier va le chanter encore,- Béranger va chanter ! {bis.)
Ses ossements!... 0 France, tu tressailles Comme en ces jours où ton peuple était roi , Où l'Empereur rapportait, des batailles.
Vingt sceptres d'or qu'il jetait devant toi ! Les restes saints enlevés à l'esclave, La liberté vient te les rapporter.
Car en trois jours tu te relevas brave : Béranger va chanter !
Que de soldats, vieillis depuis la gloire Qui si longtemps a plané sous nos cieux , Comme jadis, après une victoire.
Vont relever des fronts plus orgueilleux ! Sous leur drapeau , rayonnant d'espérance , Tous les partis reviendront s'abriter :
Un même esprit animera la France.
Béranger va chanter î
Et toi, Joiiiville, à qui rauciemie armée Sourit déjà du haut du Panthéon, Ton nom sera brillant de renommée Joint à ce nom si beau : Napoléon !
Kt si la France un jour admet sa règle . Elle verra sa grande ombre prêter Au coq gaulois les ailes de son aigle ! Béranser va chanter !
Trois t'ois salut , o puissante Angleterre , Qu'on vit pâlir quand la France brillait ; Ta lariïe main , aux regards de la terre , Vient de laver le sang qui te souillait. La France enfin que l'on voyait descendre Veuve du l)ras qui la faisait monter.
Vu regrandir à genoux sur sa cendre : Bérancfer va chanter î
KX ATTIvXDANT.
AïK cl'Aristippe. — r,.
Dans cette époque où règne la pai'ole, Où chacun parle et veut être écouté, Fuyons , amis ^ ce ridicule rôle ; Fi d'une fête ofi Ton n'a pas chanté.
Avec la nuit la gaîté descendue Verra le jour suspendre nos ébats :
En attendant que l'heure soit venue.
Chantons, amis, et ne discutons pas. [bis.)
Il est encor des peuples sur la terre Qui sous le knout rampent en gémissant , Géants qu'on voit s'incliner et se taire Devant des nains avides de leur sang.
Chaque géant, front haut, poitrine nue.
D'un knout vengeur pourrait armer son bras En attendant, etc.
Pourquoi ces camps que votre sang inonde. Peuples soumis à des destins pareils ?
Un seul drapeau doit réunir le monde : Existe-t-il deux Dieux et deux soleils ? La sainte Paix à la terre inconnue Mettrait un terme au joug des potentats : En attendant, etc.
Dans le progrès, cette route infinie.
A pas trop lents marche l'humanité.
Dans le chaos des œuvres de génie L'esprit humain sans cesse est ballotté. Dieu seul, un jour, en dissipant la nue. Peut éclairer notre route ici-bas :
En attendant que l'heure soit venue, Chantons, amis, et ne discutons pas.