‹ ChansonsChapitre 162 sur 216 · A MON AMI BERTRAM · texte numérisé non relu

A MON AMI BERTRAM

(EUGÈNE LANDOY.)

« A l'anonyme d'Oslende. qui n.e demande combien j ai reçu de M. Frère pour

• mes « fl;i?orneries t : Autant que de la rommune ostendaise pour mes clironiques » sur Ostende ol pour la rouscriplion ouverte par moi en faveur des victimes du

• dernier désastre maritime.

Bertram » OfTice de Publicilé, 31 Juillet I86i. »

Air du Carnaval. — 9.

Un anonyme , envieux ou morose ,

De ta médaille a montré le revers ;

Mon cher ami , tu t'enrichis en prose ,

Ijorsque toujours je m'appauvris en vers.

En dissipant une rumeur sinistre ,

Qu'une chanson vienne nous égayer :

Mon cher Bertram , pour flatter un ministre ,

C'est à prix d'or qu'on a dû te payer.

Je sais enfin comment tu deviens riche , Toi que j'ai cru l'apùtre du devoir ; La houppelande où ta vertu s'aflîche , Cache en ses })lis les faveurs du pouvoir. Des tout petits toi qui prends la défense , Ange gardien du plus pauvre foyer , Ah ! pour ouvrir des crèches à l'enfance , C'est ;\ prix d'or (^l'on a dû te payer.

Une autre fois manœuvre avec adresse :

Entre eux , tout bas , les sots se font un jeu

De dénigrer les hommes de la Presse , Qui donnent tant et demandent si peu.

Des songe-creux loin d'allonger la liste , A l'agio fti pouvais t'essayer ; Mon cher Bertram , pour rester journaliste , C'est à prix d'or qu'on a dû te payer.

Mon vieil ami , tu serais un autre homme , Nos droits sacrés étant par toi trahis , Si tu plaçais les intérêts de Rome Bien au-dessus du drapeau du pays.

La vérité dans ton cœur trouve asile : Dis à combien lui revient son loyer? Mon cher Bertram , pour flageller Basile , C'est à prix dor qu'on a dû te payer.

Ton anonyme , au fond de sa cachette , Semble un Jocrisse envieux de Judas.

Il est des gens qui croient que tout s'achète, Et pour lesquels l'honneur n'existe pas. La même honte aujourd'hui nous rassemble ; Tu chantas Frère et j'ai chanté Rogier : Ami , comptons et partageons ensemble , C'est à prix d'or qu'on a dû nous payer.

Mous . 5 Août 1864.

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