PREFACE
Je livre au public une édition complète de mes chansons.
Le volume est divisé en deux parties , lune intitulée : Premières Chansons; l'autre : Chansons Nouvelles. Ces dernières, qui, jusqu'à ce jour, n'avaient jamais été réunies en recueil , débutent par la Bière.
Je n'ai pas un seul instant perdu de vue le but que je me suis proposé par mes Chansons populaires; mais, mieux que tout autre genre de littérature , la chanson permet la hardiesse et l'à-propos ; elle ne peut se circonscrire dans un cercle étroit, dans une tendance uniforme et spéciale : la politique , la philosophie , la satire sont de son domaine comme le sentiment. C'est un enfant terrible qui veut toucher à tout , mais dont la pétulante intervention est parfois nécessaire et toujours féconde , quand elle reste morale et qu'elle va puiser ses inspirations aux sources vivifiantes et pures de l'honneur et de la vérité.
Malgré la variété des sujets que j'ai traités , les attaques contre lesquelles j'ai dû me défendre, certaines aspirations que j'ai cru parfois de mon devoir de combattre , je pense que je puis réimprimer, à la première page de ce volume, ma préface de 1851.
Je laisse au public le soin de décider s'il a été donné »
depuis quelques années, à mes modestes chansons d'ouvrir plus largement leurs petites aîles et de prendre un essor plus vigoureux qu'autrefois. La sympathie de mes compatriotes, le puissant appui de la presse, le concours des cœurs dévoués qui ont popularisé mes couplets , m'ont inspiré souvent le désir de faire mieux qu'auparavant. Si j'ai réussi , c'est à eux seuls que j'en suis redevable.
Grâce à la généreuse initiative de mes amis, mes listes de souscriptions, dans quelques villes du pays, et surtout à Mons, se sont rapidement couvertes de signatures.
Merci à mes souscripteurs.
Merci surtout aux artisans qui ont jeté aux échos de l'atelier et de la rue , les refrains que leur adressait la muse du foyer. Sans m'en faire accroire sur le mérite de mes chansons, je suis fier d'avoir le peuple pour interprète; car, comme le dit Goethe : ^^ Ce qui doit aller au w cœur doit venir du cœur. "
Mous, Octobre ISOCy.