JEA.N QUI PLEURE ET JEAN QUI RIT
Air de la R&puhlique. — 23,
Ail! mes amis, Jean se prend à sourire
Quand il découvre un beau coin du ciel laleu,
Un petit coin où son âme peut lire
lia poésie et la grandeur de Dieu.
Mais à l'aspect de ce monde de fange.
Où le bonheur ne peut que l'effleurer,
Où le démon est près de son bon ange , ,, . , ^ ° (bis).
Ah ! mes amis , Jean se prend à pleurer. .
Ah! mes amis, Jean se prend à sourire Lorsque l'été vient dorer les moissons , Et vient charger de fruits que l'œil admire L'arbre où l'oiseau module ses chansons. Mais quand il voit le pauvre, en sa détresse, Ainsi qu'un chien que la faim fait errer , Manquer de pain devant tant de richesse , Ah! mes amis, Jean se prend à pleurer.
Ah! mes amis, Jean se prend à sourire Quand l'univers en tremblant voit les rois, Pour conserver un pied de leur empire , Se défier du geste et de la voix.
Mais quand il voit, gaspillant leur courage. Pour deux tyrans deux peuples s'abhorrer. Et s élancer l'un sur l'autre avec rage , Ah! mes amis, Jean se prend à pleurer.
Ah ! mes amis , Jean se prend à sourire
Lorsqu'il entend un sublime exalté ,
Comme le Christ dont l'exemple l'inspire ,
Au genre humain prêcher l'égalité.
Mais il se dit , en vovant des atomes
Avec orgueil partout se mesurer :
Le tombeau seul rend égaux tous les hommes!
Et, mes amis, Jean se prend à pleurer.
Ah ! mes amis , Jean se prend à sourire Quand loin du monde, en rêvant, il peut voir Une forêt, comme une immense lyre.
Frémir d'amour sous les ailes du soir : Au bruit léger du feuillage des chênes Il croit ouïr les anges murmurer !
Mais aux clameurs des passions humaines. Ah ! mes amis, Jean se prend à, pleurer.