‹ ChansonsChapitre 27 sur 216 · LE LION DE WATERLOO · texte numérisé non relu

LE LION DE WATERLOO

Alu : Soldat français. — 3.

Un vieux soldat (VAboukir et d'Evlaii, En oubliant sa blessure profonde.

D'un pas égal marche vers Waterloo, Ce coin de terre oii l'on joua le monde. Quel souvenir oppresse le vieillard :

Il voit ces bords où tomba l'aiffle immense î Il touche au but , effiiré , l'œil hagard , Car un lion a frappé son regard',

Ce lion* menace la France ! {bis.)

Le preux s'écrie : — -Et notre aigle n'est plus î •' En se souillant quelle horde ennemie ■ Pour des soldats, trahis et non vaincus,

• D'un champ d'honneur ûiit un champ d'infamie ? " Puis-je , martyrs , en ce lieu plein d'horreur

•' Donner des pleurs à votre souvenance ? •' Oui , je venais pour pleurer ; mais mon cœur -' N'est maintenant ouvert qu'il la fureur : " Ce lion menace la France !

• Belges amis, et c'est sur votre sol •' Que ce lion ose lever la iète ,

• Vous qui longtemps suivîtes dans son vol

• L'aigle indompté de conquête en conquête. " Dans nos revers comme dans nos succès,

• Aux jours de deuil comme aux jours d'espérance,

• A votre ardeur je vous reconnaissais :

Ah ! vous étiez de vrais soldats français : M Ce lion menace la France !

Si le consul n'eût pris le sceptre en main , Verrais-je ici cet insolent trophée ?

Non ! du hardi bonnet républicain La vieille Europe aurait été coiffée !

La république aux feux de son soleil.

Aux nations révélait leur puissance :

Quand chaque peuple après un long sommeil. Dut à la France un magique réveil, " Ce lion menace la France !

Mais qu ai-je dit ? Peuples , l'ordre des rois A fait surû'ir ce monument de haine :

Ils sont encor puissants comme autrefois. Comme autrefois faible est la race humaine. Mais vous du moins vous êtes vraiment grands, Belges heureux de votre indépendance :

' Quoi ! vos couleurs réunissent vos rangs , Quoi ! vous avez su chasser vos tyrans. " Ce lion menace la France ! "

Mais un vieux Belge, au Français en courroux , Dit : — ^- En ces lieux j'ignore vos alarmes , Frère, et pourtant ma croix dit qu'avec vous J'ai partagé le destin de vos armes.

Ce monument écrase ses auteurs :

Peut-il marquer le jour de décadence » Sans rappeler , même à nos détracteurs , Cette Iliade où nous étions aeteurs ?

" Ce lion rehausse la France ! ••

COUPLETS

Chantes au Cercle Lt/rique Montais , qui m'avait nommé président, lors de sa fondation.

Air : Tout le long de la rivière. — 23.

Eh quoi ! de ce cercle chantant Vous me nommez le président.

Je lai dit et je le répète :

Mes amis, vous perdez la tète!

A-t-on jamais vu, n'importe où.

Des sages guidés par un fou ?

Dieu sait demain ce qu'on en pourrait dire !

Vraiment, mes amis, cela ferait trop rire. Vraiment cela ferait trop rire !

Tout grand cercle avec gravité

Songe au bien de l'humanité.

Moi , c'est en sablant le Champagne ,

En battant même la campagne.

Que je rêve dans un refrain

La paix de tout le genre humain.

Et je serais l'élu de votre empire.

Vraiment, mes amis, cela ferait trop rire. Vraiment cela ferait trop rire !

Je sais trop combien de nos jours Nos lettrés font de c^rands discours ; Leur président tousse et se lève.

Jusqu'au ciel son esprit s'élève ;

Enfin il s'élèvo si bien

Que chacun n'y comprend plus rien ; Il parle, on Imille ; il se tait, on admire ; Et moi, mes amis, je vous ferais trop rire,

Vraiment je vous ferais trop rire !

Grâce k votre vote flatteur,

Jaurais lair d'un grave docteur.

Quoi ! je prendrais un ton sévère !

Et sans sourire au bruit du verre.

Je viendrais ici chaque soir

Guindé dans mon vieil habit noir ? Allez au diable , ou cessez mon martyre. Vraiment, mes amis, je viens ici pour rire.

Vraiment je viens ici pour rire !

5 octobre 1845.

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