I,. W., PROFESSE LU
Air d'Yeîva. — ix.
Lorsque chacun s'agite sur la terre
Pour obtenir des honneurs et de l'or.
Donnons à tous un avis salutaire.
C'est qu'un bon livre est le plus doux trésor.
L'orage en vain de sa voix importune
Vient réveiller les sases endormis :
On peut braver les coups de l'infortune Lorsque l'on a ses livres pour amis.
I {his.
Contre la neige et l'Arabe en furie
Un vieux Français veut lutter, vain espoir!
Pris sans défense, il songe à sa patrie,
A ses amis qu'il ne croit plus revoir ;
Mais de son sein sa pauvre main qui tremble
Tire un volume : il se sent rafi'ermi.
C'est Béranger : ils causeront ensemble î
Le vieux grognard retrouve un vieil ami.
Dieu ! le héros d'une immense épopée Tombe captif sur un rocher brûlant.
Naguère encor sous sa puissante épée De la pensée il comprimait l'élan.
Eh bien , voyez : pour charmer sa soufï'rancc , Il lit Corneille ; il est libre à demi : Dans un mirage il croit revoir la France, ("ar du despote un penseur est l'ami.
C'est la terreur. Lu guillotine est prête : Le monstre a soif. Barbares, soyez prompts. Mais qu'ai-je vu? Dans l'horrihle charrette. L'ivresse encor rayonne sur deux fronts : (.'hénier, Roucher chantent. — Duo sublime ! A leur aspect tout un peuple a frémi.
Ils vont mourir : un livre les ranime : Ils ont encor Racine pour ami.
Nous vieillirons. — Dieu nous laissera vivre ,
Sans être seuls ici-bas désormais ;
Nous vieillirons, hélas! mais un beau livre
Est un ami qui ne vieillit jamais.
Lorsque le soir l'homme ainsi qu'à l'aurore
Va feuilleter ses volumes soumis.
Son cœur s'exalte... il se croit jeune encore :
Le temps n'a pas changé ses vieux amis.
Al'lil 1846.