L'ANGE ET LE VIEUX POETE
Air de la Sentinelle. — 31
" Sans moissonner depuis plus de trente ans •• Je sème , hélas ! aux champs de la pensée : •' Brisons ma Ijre : en vain et trop lontemps • Elle vibra sous ma main insensée ! -
— " La briser , je te le défends , " Dit un ange à la voix sonore,
- Tu travailles pour tes enfants : {his.) " Sème, poète, sème encore,
« Sème encore. •'
- .' J'irais au vent jeter mes faibles vers Quand les écrits de nos talents célèbres Du ciel brumeux de cent peuples divers N'ont pas encor dissipé les ténèbres ? ••
— V Sous ces nuages étouffants • Va poindre un astre qu on ignore !
" Tu travailles, etc. "
- " Lorsqu'en courroux les peuples se levant Osent enfin déployer leur bannière,
S'ils font un pas, un seul pas en avant. Ils vont bientôt retomber dans l'ornière. •• " Ils en sortiront triomphants '^ Un jour du couchant à l'aurore î " Tu travailles, « etc.
— •* Quun grand génie, en son sublime essor,
•' En devançant son siècle qu'il relève,
•» Veuille ici-bas ramener 1 âge d'or ;
'' Il meurt , hélas ! Qu'a-t-il fait ? Un vain rêve î
— -^ Oui, mais de ces rêves brillants
^' La réalité peut éclore!...
" Tu travailles pour tes entants : [his.)
« Sènie , poëte , sème encore , " Sème encore. «