‹ ChansonsChapitre 33 sur 216 · OUOX SE.MBHASSE ET QUE CA FINISSE · texte numérisé non relu

OUOX SE.MBHASSE ET QUE CA FINISSE

AïK ; Don nez- -cous ht peine d'attendre. — :*(».

Quoi ! NOUS iiH' priez de cliantei' :

A ce Hiot seul cliante:,! je tremble.

Si parfois j'ose m écouter.

C'est quand nous chantons tous ensemble.

Contre ma muse à ce repas.

Je crains pourtant qu'on ne s'aigrisse :

Voisine, ne pourriez-vous pas

Me tirer ici d'embarras (

Qu'on s'embrasse et que ca finisse ! {his:

Nos artistes au Iront brûlant Ne vivent pas en bons apôtres :

Chacun d'eux se croit du talent Et doute de celui des autres.

Et sans se rehausser en rien', II nuit aux autres dans la lice ; Et les sots s'en trouvent fort bien.

Auteur, peintre et musicien.

Qu'on s'embrasse et que (-a finisse !

Que vois-je là-bas dans un coin ' Narcisse et Léon ([ui soupinMit.

Qu'il est plaisant d'être témoin Du naïf amour (|u'ils s'inspirent!

Narcisse c<mtemple Léon ,

Et Léon contemple Narcisse, Les bras pendants comme un Caton Vraiment cela n'a pas de nom !

Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Voyez-vous des sages nondjreux Dérouler leurs vastes systèmes, Sans rendre l'homme plus heureux Et sans se rendre heureux eux-mêmes Ah ! leur sagesse est un travers Dont notre inconstance €st complice :

A force de prose et de vers Ils ont divisé l'univers.

Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Nous souffrons de vos longs débats.

Rhéteurs d'opinion contraire Qui vous livrez tant de combats Pour emporter un ministère.

Pourquoi déployer deux drapeaux ( Sous nos trois couleurs qu'on s'unisse Pourquoi déployer deux drapeaux , Catholiques et libéraux?

Qu'on s'embrasse et que ça finisse î

Le sort des peuples malheureux Inquiète fort peu les princes , Car le monde finit pour eux Aux limites de leurs provinces.

Là maint douanier en courroux , Aux produits voisins peu propice.

S'écrie : •• Ils n'entrent pas chez nous ! — Dieu ne fit-il pas tout pour tous ? Qu'on s'embrasse et que ça finisse î

Je m'aperçois que mes couplets N'ont pas l'art d'égayer vos fêtes ; C'est qu'ils ne sont ni beaux ni laids, Ni spirituels ni bien bêtes.

Ils vous fatiguent ; et partant Je me tais et Dieu vous bénisse 1 Je serai trop heureux pourtant Si vous criez eu m'arrètant :

Qu'on s'embrasse et que ça finisse î

Novembre 1845.

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