OUOX SE.MBHASSE ET QUE CA FINISSE
AïK ; Don nez- -cous ht peine d'attendre. — :*(».
Quoi ! NOUS iiH' priez de cliantei' :
A ce Hiot seul cliante:,! je tremble.
Si parfois j'ose m écouter.
C'est quand nous chantons tous ensemble.
Contre ma muse à ce repas.
Je crains pourtant qu'on ne s'aigrisse :
Voisine, ne pourriez-vous pas
Me tirer ici d'embarras (
Qu'on s'embrasse et que ca finisse ! {his:
Nos artistes au Iront brûlant Ne vivent pas en bons apôtres :
Chacun d'eux se croit du talent Et doute de celui des autres.
Et sans se rehausser en rien', II nuit aux autres dans la lice ; Et les sots s'en trouvent fort bien.
Auteur, peintre et musicien.
Qu'on s'embrasse et que (-a finisse !
Que vois-je là-bas dans un coin ' Narcisse et Léon ([ui soupinMit.
Qu'il est plaisant d'être témoin Du naïf amour (|u'ils s'inspirent!
Narcisse c<mtemple Léon ,
Et Léon contemple Narcisse, Les bras pendants comme un Caton Vraiment cela n'a pas de nom !
Qu'on s'embrasse et que ça finisse !
Voyez-vous des sages nondjreux Dérouler leurs vastes systèmes, Sans rendre l'homme plus heureux Et sans se rendre heureux eux-mêmes Ah ! leur sagesse est un travers Dont notre inconstance €st complice :
A force de prose et de vers Ils ont divisé l'univers.
Qu'on s'embrasse et que ça finisse !
Nous souffrons de vos longs débats.
Rhéteurs d'opinion contraire Qui vous livrez tant de combats Pour emporter un ministère.
Pourquoi déployer deux drapeaux ( Sous nos trois couleurs qu'on s'unisse Pourquoi déployer deux drapeaux , Catholiques et libéraux?
Qu'on s'embrasse et que ça finisse î
Le sort des peuples malheureux Inquiète fort peu les princes , Car le monde finit pour eux Aux limites de leurs provinces.
Là maint douanier en courroux , Aux produits voisins peu propice.
S'écrie : •• Ils n'entrent pas chez nous ! — Dieu ne fit-il pas tout pour tous ? Qu'on s'embrasse et que ça finisse î
Je m'aperçois que mes couplets N'ont pas l'art d'égayer vos fêtes ; C'est qu'ils ne sont ni beaux ni laids, Ni spirituels ni bien bêtes.
Ils vous fatiguent ; et partant Je me tais et Dieu vous bénisse 1 Je serai trop heureux pourtant Si vous criez eu m'arrètant :
Qu'on s'embrasse et que ça finisse î
Novembre 1845.