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MON FUSIL, MON CHIEN, MA MAITRESSE

Air : Verse ^ verse bon vin de France. — 33.

Gai chasseur, j'habite un réduit Assis au pied de la montagne; Maria, ma douce compagne, M'y revoit quand descend la nuit.

Mais sous des cieux purs ou couverts Chaque jour, fort de ma jeunesse.

Je poursuis, dans les genêts verts.

Le gibier que Médor y presse.

Que Médor y presse.

Mon fusil, mon chien, ma maîtresse, ( ^, . Pour mon cœur voilà lumvers ! (

Seulement quand c'est jour de tir Je m'achemine vers la plaine ; Bientât de la lutte mondaine 'Triomphant on me voit sortir.

Je fuis, porteur des prix off'erts, La foule dont l'aspect me blesse ; En hâte à mes amis si chers Je reviens avec allégresse.

Avec allégresse!

Mon fusil , etc.

L'homme, dans un endroit peuplé.

S'il n'est rampant perd l'équilibre ; C'est isolé que l'homme est libre , Et je veux rester isolé.

Loin du monde et de ses travers

l^rement mon âme s'oppresse :

Dieu seul règne dans les déserts ; Nul mortel jamais ne m abaisse,

Jamais ne m abaisse !

Mon fusil, etc.

Mais si je rentre soucieux , — Tout homme a ses jours d'humour noire. Maria de ses bras d'ivoire M'entoure, des pleurs dans les je^ux.

Médor, qui voit ces pleurs amers, Lèche nos mains avec tristesse...

Dans le monde aux jours de revers Plus d'amis et plus de tendresse.

Et plus de tendresse !

Mon fusil, etc.

Le chagrin est vite oublié,

Médor à nos pieds vient s'étendre ;

Et nous soupons, sans plus attendre.

Entre l'amour et l'amitié.

A nos banquets de deux couverts

Que l'eau seule arrose sans cesse.

L'ivresse est de tous les desserts :

Et Dieu sait quelle douce ivresse.

Quelle douce ivresse !

Mon fusil, mon chien, ma maîtresse, Pour mon cœur voilà l'univers !

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