CHANSON A BOIRE
Air de la Catacoua. — 36.
On dit que la chanson amuse, — En appelant des jours meilleurs.
J'ai fait des chansons et ma muse Souvent a fait couler des pleurs.
^Aujourd'hui que ma coupe est pleine D'un breuvage délicieux, Pour boire mieux, Pour rire mieux, Pour boire mieux, beaucoup mieux, cent fois mieux, En oubliant nos jours de peine , Je ferai des couplets joyeux.
Buvons amis , û de la bière !
Le vin est à l'ordre du jour :
Ce nectar est à la frontière Prohibé pour l'humble séjour.
Mais nous trouvons dans ce domaine Un amphitryon précieux :
Pour boire mieux, Pour rire mieux.
Pour boire mieux, beaucoup mieux, cent fois mieux. Chantons en chœur, à perdre haleine, L'ami qui nous rend si joyeux.
A tort le gouvernement ferme Nos portes à ce jus divin, Car îi le voir marcher si ferme , On comprend qu'il aime le vin.
Laissez passer, douane hautaine, Librement ce présent des cieux.
En buvant mieux,
En riant mieux, En buvant mieux, beaucoup mieux, cent fois mieux, Nous oublîrons nos jours de peine Et ferons des couplets joyeux.
Buvons, amis, plus de souffrance !
L'amitié nous ouvre un tonneau :
Le vin est comme lespérance : Il vient nous montrer tout en beau.
Rien du cœur ne bannit la haine Comme un bon flacon de vin vieux.
Pour boire mieux, Pour aimer mieux.
Pour boire mieux, beaucoup mieux, cent fois mieux. En oubliant nos jours de peine.
Chantons quelques couplets joyeux.
Buvons ! Le présent nous oppresse :
Ah ! perdons-en le souvenir ; Et pour nos enfants, dans Tivresse, Osons penser à l'avenir !
Rêvons pour eux la paix prochaine Que pour nous rêvaient nos aïeux :
Nous boirons mieux.
Nous rirons mieux , Nous boirons mieux, beaucoup mieux, cent fois mieux. Et, sans songer aux jours de peine.
Nous ferons des couplets joyeux.
Février 1847.