ME VOILA DONC UN PERSONNAGE
COUPLETS
en réponso an journal l'Argus qui, dans une critique de la chanson précédente, me donne îe lilre de poëtc adulateur.
Air : Donnez-vous la peine d'attetidre. — 30.
J'apprends , dans mon tout petit coin , Que ma chanson patriotique , Surprise daller aussi loin, A fait le tour de la Belgique.
VArcius , mon plus chaud partisan , Dans un élégant badinage, D'ouvrier me fait courtisan : [bis.) Me voilà donc un personnage ! [bis.)
L'Argus, dans ce chant merveilleux, Trouve des choses sans pareilles ; C'est que YAi^giui a de grands yeux :
Je n'ai jamais vu ses oreilles !
J'en voudrais parler en passant.
Je ne le puis, et c'est dortimage :
Mon cœur est si reconnaissant , Rien que je sois un personnage !
Depuis que je suis courtisan , De par certaines créatures.
De mon tablier d'artisan On a fait dorer les coutures.
On m'a (hk-oré de deux croix :
Tant d'autres en ont davantage Que je compte aller jusqu'à trois.
Me voilà donc un personnage !
Chaque jour, sans être plus beau, Quelqu'heureux vilain se décrasse.
Jetons la lime et le marteau !
Lavons-nous : j'anoblis ma race !
Nouveau marquis de Carabas, On me donne pour apanage La côte de Santo Thomas :
Me voilà donc un personnage !
Nul bonheur ne me fait défaut ; C'est que tous ont mes sympathies.
Les alouettes de là-haut Tombent pour moi toutes rôties.
Le pouvoir que j'ai caressé.
Ebloui d'un pareil hommage , M'exempte de l'emprunt forcé Je suis un heureux personnage î
VArgits, — j'en suis émerveillé, —
Au faite où son amour m'élève,
Me fait rêver tout éveillé :
Mais qui vient troubler mon ])eau rêve !?
On me sonne à mon atelier :
Croix, titre, honneurs, tout déménage.
Quel bonheur ! je suis ouvrier !
— Bonsoir, monsieur le personnage !
Mars 184S.
COUPLET
ÉCRIT SUR LA PREMIÈRE PAGE DE l'aLBUM DE L. P.
Air : EJi quoi! vous sommeillez encore. — 21.
Quoi ! sur cette première page Tu veux que je signe mon nom ; Ami , tu croyais , je le gage , Que j allais te répondre : Non !
Après tant d'auteurs, à la file, J'aurais dii venir le dernier ; Mais c'est comme dans l'Évangile Le dernier sera le premier.