CHANT BELGE
Air des Trois Couleurs. — 35.
Le cœur nous bat au cri de délivrance Que fait entendre un grand peuple debout. Mais, mon pays, en saluant la France, Que tes enfants soient Belges avant tout ! Depuis César , Belgique , noble terre , Tu poursuivis l'œuvre que tu défends.
— La Liberté, Français, est votre mère.
Mais, comme vous (bis), nous sommes ses enfants.
Ah ! ne fais plus , France noble et féconde , Trembler l'Europe au seul bruit de tes pas : La liberté , ce vieil espoir du monde , Le sabre en main on ne l'impose pas ! Laisse à chacun le choix de sa bannière :
Dieu montrera les peuples triomphants !
— La Liberté, etc.
Le Belge hait aussi la tyrannie , Nul plus que lui n'est jaloux de ses droits ; Pour conquérir des lois qu'on lui dénie, Il sait aussi chasser les mauvais rois. Mais aujourd'hui notre roi, c'est un frère, Belge de cœur et digne de nos temps (1).
— La Liberté , etc.
(1) « l.éopold I'', roi (l»'s Uoli-'cs, vient de donner nn graml cxoaiple aux télcs couronnées du niondi*. Le premier il a reconnu et proc'.amé ce prand priuci|>e : Que les peuples uc sont pas fails i>our les rois, mais bien les rois pour les peuples.
Le Belge est libre : il a brisé sa chaîne Avec transport sous le feu du canon ; Sur son l)eau sol, depuis vingt ans à peine, 11 peut enfin porter aussi son nom.
Cette faveur doit nous être bien chère : Dieu nous la ûiit attendre si longtemps ! — La Liberté, Français, est votre mère, Mais, comme vous, nous sommes ses enfants.
Mars 1848.
» Ainsi le roi a convoque le conseil des ministres et leur a tenu ce noble langage :
» si la Belgique, qui ne m'a appelé que parce qu'elle m'a cru capable de me » dévouer à son bonheur, si la Belgique clait convaincue qu'elle ne peut sauve- » garder sa nationalité qu'en adoptant la forme de gouvernement triomphante en )' France, qu'elle ne redoute aucune opposition de ma part, je ne ferai jamais « verser le sang du peuple; mais si, au contraire, la Belgique compte s^ur la conti- >■■ nuation de mon dévouement , ma vie et mon cpéc seront toujours consacrées à " la défense de sa nationalité et de son indépendance. »
» En présence de ces paroles, si simples ot pourtant si magnanimes, le conseil des ministres n"a trouvé qu'une réponse, celle d'une muette et respectueuse admiration. '^
» ÎS'ous ne trouvons, nous, qu'un commentaire :
» C'est qu'il est digne de commander à un grand peuple, cl surtout à un peuple libre, le roi qui est animé d'aussi nobles sentiments que Léopold l*"", roi des Belges »
{Journaux behjes des ô et i Mars isis .