‹ ChansonsChapitre 6 sur 216 · PROFESSEUR DE LITTÉRATURE FRANÇAISE AU COLLÈGE DE MONS · texte numérisé non relu

PROFESSEUR DE LITTÉRATURE FRANÇAISE AU COLLÈGE DE MONS

qui m'avait fait Thonneur de dire en chaire que je ferais mieux de travailler à mes fusils que de m'occuper de poésie.

Air des Scythes et des Amazones. — 4.

Grand professeur, votre critique amère Part cependant d'un cœur vraiment chrétien ; En me raillant du haut de votre chaire, A votre nom vous attachez le mien, {his.) Dieu , quel honneur ! à peine j'ose y croire : Tant de lauriers sont semés sous vos pas ! Je fais des vers sans prétendre à la gloire. Grand professeur, ne m'illustrez donc pas. Professeur, ne m'illustrez donc pas. (bis.)

] ibis.)

Grand professeur, votre blAme lui-même

De mon renom peut remplir l'univers ;

Mais dans le coin où je chante , où l'on m'aime ,

Laissez mourir et mon nom et mes vers.

L'obscurité, pour moi, pauvre pygmée.

Est le bonheur, car l'envie ici-bas

De son venin souille la renommée :

Grand professeur, etc.

Je suis heureux quand une voix touchante Daigne avec moi répéter mes refrains ; Je suis heureux quand le cercle où je chantQ A mes accents daigne battre des mains,

Sans me bercer d'un triomphe illusoire.

D'humbles bravos ont pour moi tant d'appas ! Je fais des vers sans prétendre à la gloire, Grand professeur, etc.

Grand professeur, aujourd'hui tout s'achète.

Tout , les honneurs , la gloire et les succès ;

Plus d'un Crésus qu'on érige en poëte.

En est encore à de méchants essais.

Tel qui me raille, en son humeur trop noire.

Me chanterait après un bon repas.

Je fais des vers sans prétendre '\ la gloire ,

Grand professeur, etc.

Grand professeur, un homme de génie

Est parmi nous fort mal de son vivant :

Le feu sacré, que le sot lui dénie,

A l'hôpital le conduit trop souvent.

Il meurt, tout change : un fastueux grimoire

Le déifie à l'heure du trépas!

Je fais des vers sans prétendre à la gloire.

Grand professeur, etc.

Le jour paraît... et je laisse ma plume. Il me restait tant à vous dire... Enfin !... Si j'oubliais mon étau , mon enclume , Bientôt, hélas! je tomberais de faim.

De vos conseils sans perdre la mémoire, Ce soir encor je chanterai tout-bas :

Je fais des vers sans prétendre à la gloire , Grand professeur, ne m'illustrez donc pas. Professeur, ne m'illustrez donc pas.

Novembre 1844.

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