COUPLETS A MA PETITE JULIETTE
Air : C'est un lanJa landerirette. — 20.
Jour des Rois ! — C'est grande fête ,
Roi futur, futurs sujets,
C'est le soir, la table est prête :
Vite, prenons nos billets.
Dieu ! je suis Fol, Juliette est Reine : Son trône sera mon genou :
0 ma petite souveraine, Je suis heureux d'être ton fou !
Nul n'est, en ce jour prospère, Plus riche ou plus grand que moi , Car la marotte d'un père Vaut bien le sceptre d'un roi ;
L'amour qui près de toi m'enchaîne
Vaut bien les trésors du Pérou.
0 ma petite souveraine,
Aime toujours ton pauvre fou !
Sous ton règne plein de charmes La Liberté nous sourit :
Point de garde tout en armes.
Pas d'homme de cœur proscrit ; Sous ton règne enfin point de haine.
Point de geôlier, point de verrou.
0 ma petite souveraine.
Que je suis fier d'être ton fou !
Qua mes vœux la Providence T accorde, dans son amour, Les dons de Tintelligence Et le pain de chaque jour !
Longtemps pour alléger ta peine Dans ce bon siècle du gros sou.
Que Dieu, petite souveraine.
Laisse vivre ton pauvre fou !
Mais , à force de sagesse , Si tu doutais en chemin.
Pour appui prends ma faiblesse Ton fou te tendra la main.
Souvent à la raison humaine
Un f(d a crié : Casse-cou !
0 ma petite souveraine.
Écoute bien ton pauvre fou !
Ta mère parle... silence !
Pour te conduire au bonheur Ton père a peu de science.
Mais ta mère a tout son cœur.
Lorsque tu lui fais une chaîne De tes petits bras à son cou, 0 ma petite souveraine, Je suis heureux d'être ton fuu !
Janvier 1850.