A AUGUSTE PIOT
PEINTRE D aiSTOIKK , A PARIS ,
en lépon.-c à la ilianson qu'il m'a adressée.
Air : En amour comme en amitié. — n.
Une chanson ! lorsque déjà par toi
Mon petit livre a franchi la frontière :
De ton pinceau dans ta plume pour moi
Tu fais passer ton àme tout entière !
Au doux refrain que tu mas dédié,
Les yeux en pleurs... — qu'importe quon en glose?
J'ai dit soudain : Je suis donc quelque chose ,
Puisque mes vers inspirent l'amitié, [bis.)
En ce moment je tressaille à ta vuix , Ancien ami... que je viens de connaître : N'est-ce pas trop de bonheur à la fois ? Hier l'ouvrier chantait sous ma fenêtre. Quand les Judas s'en font un marchepié, En l'ouvrier , oui , l'ouvrier peut croire : Qu'ai-je besoin d'honneurs , qiumd j'ai la gloire De voir mes vers inspirer l'amitié .
Longtemps Paris, à son foyer brûlant
Qui fait éclore et croître le génie.
Te déroula, pour grandir ton talent.
Des chants divins , ruisselants d'harmonie !
A ces trésors tu fus initié,
Et je croirais, — car je sais ma faiblesse, —
Que tes couplets se sont trompés d'adresse. S'ils n'étaient point l'œuvre de l'amitié.
Contre l'envie, à l'instinct malfaisant, Si j'ai lutté, dans ma modeste vie, 0 mon ami, c'est que le ver luisant Semble une étoile aux regards de l'envie. Les envieux !... je les prends en pitié. Si contre moi leur rage se rallume.
Je ne veux plus les frapper de ma plume. Puisque mes chants inspirent l'amitié.
Pour me parler en vers délicieux Le peintre un jour daigne quitter sa toile , Et pour l'ami, comme pour l'envieux, Le ver luisant se transforme en étoile. Dans ta chanson l'éloge est de moitié.
C'est ta bonté qui t'aveugle et me nomme : Toujours l'artiste est au niveau de l'homme. Et je suis fier, fier de ton amitié.
0 mon ami , mon père était Français :
Puis-je me plaindre, en ma reconnaissance, Que ta chanson me loue avec excès ?
Elle m'apporte un écho de la France.
De tes couplets l'éloge est oublié :
Tout au bonheur que par toi Dieu me donne. Mon cœur s'exalte et ma lyre résonne... Et je bénis les vers de l'amitié.
Juillet 1849.