MON BON CURÉ, PRENEZ BIEN GARDE A VOUS
Couplets à l'aiitpiir do VArmonnque dé Mans, qui, fl.ms «es puMicalioiis de \W^ et IHW, daigîKî parler avec clogc de mes c!;anî>ons.
Air du Carnaval. — o.
Dieu, qu'ai-je lu! UArmonaque me nomme
Avec éloge une seconde fois.
Par ses amis on peut juger dun homme :
Mon bon curé, vous aurez sur les doigts.
Poète obscur qu'un mot de vous éclaire.
On veut me lire et j'en tremble pour nous.
Votre almanach m'a rendu populaire :
Mon bon curé , prenez bien garde à vous ! [bis.)
J'aurais voulu vous parler , en poëte , Dans ce patois que tout Montois chérit , Mais, comme vous, pour être simple et bête. Non, je n'aurai jamais assez d'esprit.
Sur des mots durs votre esprit se promène Comme un ruisseau roulant sur des cailloux : Je vais troubler son courant qui m'entraîne. Mon bon curé , prenez bien garde à vous !
J'eus pour Sorbonne une école primaire.
Pauvre Campion, j'aime à penser à toi (i) ! Plein de savoir, cœur chaud, regard sévère. Tel que je suis il était fier de moi.
(1) Pierre-Louis Campion, in^tilutcur primaire, décède à Mons le 26 décembro I8W, à l'âge de quarante-neuf ans.
Lorsqu'à des vers j'avais mis mon paraphe , Plus que l'auteur il s'en montrait jaloux : Il corrigeait mes fautes d'orthographe ! Mon bon curé , prenez bien garde à vous î
Pour me placer si haut, sans ironie.
Où votre goût va-t-il donc se nicher ? Hier je planais avec maint grand génie Juste au niveau du coq de mon clocher. Robuste oiseau, dans son essor agile.
Votre almanach du vent brave les coups Descendez-moi, ma muse est si fragile : Mon bon curé, prenez bien garde à vous
Ah ! dans l'espace où l'amitié m'égare Si vous saviez quel vertige est le mien î Fol, éperdu, je crains le sort d'Icare : Mon bon curé , là-haut tenez-moi bien ! Car si je tombe et ferme les paupières. Pour mon repos vous devrez, entre nous, Gratis , hélas ! dire tant de prières ! Mon bon curé , prenez bien garde à vous î