‹ ChansonsChapitre 68 sur 216 · AH! LAISSEZ-MOI CHANTER AU COIN DU FEU · texte numérisé non relu

AH! LAISSEZ-MOI CHANTER AU COIN DU FEU

Air du Carnaval. — o.

Je le sens bien , c'est trop de sérénades , Trop de banquets donnés par lamitié :

0 mes amis, mes anciens camarades.

Tel que je suis laissez-moi par pitié ; Pour moi toujours votre cœur est le même : Faut-il tout haut m'en faire ainsi l'aveu ? Par trop delan on nuit à ceux qu'on aime : Ah ! laissez-moi chanter au coin du feu. [bis.)

Oui , laissez-moi mon humble solitude ; Dans vos banquets trop vite mon cœur bat. Vous me forcez à tant de gratitude Que malgré moi vous me rendrez ingrat.

Jusqu'à présent du mot reconnaissance Le chansonnier ne s'est pas fait un jeu : Dieu ! j'oubliais ceux qui m'aiment en France ! Ah ! laissez-moi chanter au coin du feu.

lîons ouvriers, éj)ari:nez-moi de irràce. "Vous m'avez fait un manteau de géant : Dans ses longs plis si mon pied s'embarrasse. Je vais , hélas ! rentrer dans le néant. N'étouffez pas les ac^'ords de ma lyre ; Je voudrais tant vous éclairer un peu : Quand j'ai pour vous tant de choses à dire. Ah î laissez-moi chanter au coin du feu.

De nos soldats la voix aussi me crie

Qu'en moi l'auteur remplit bien son mandat ,

Pour quelques vers donnés à la patrie :

Non , rien n'est bon comme un cœur de soldat !

Pour me fêter ils déposent leurs armes.

Ils sont du peuple encor sous lliabit bleu.

A leurs accents j'ai versé tant de larmes :

Ah ! laissez-moi chanter au coin du feu.

Bons ouvriers, soldats de notre armée.

J'entends encor vos hvmnes si touchants : Deux autres voix dans mon âme charmée Mêlent soudain leurs échos à vos chants. Tendres échos ! quel doux nom ils épellent ! Plus que la gloire ils sont chers , ô mou Dieu !

— Ce sont, amis, mes enfants qui m'appellent Ah ! laissez-moi chanter au coin du feu.

Un faible oiseau chantait sur une branche, Près de son nid , à quelques pieds du sol ; Un aigle approche , il écoute et se penche , Et sur les monts l'emporte dans son vol. L'aigle s'écrie : •• Au sein de l'étendue Règne avec moi : chante près du ciel bleu. «

— Si loin du nid sa voix était perdue !

— Ah ! laissez-moi chanter au coin du feu.

— ll)-^ —

LA PLUME D'Oll.

A LA SOCIÉTÉ i>E CHOEURS : Les Ouvricrs monlois.

Musique de M. Hippolyte Héro. — 46.

lions ouvriers , leur cœur est dor aussi î Présent si noble et si digne d'envie, 0 plume d"or , pour leur dire merci , Je veux te prendre une fois dans ma vie : Plume chérie, écris entre mes doisrts

Pour la première et la dernière fois.

I [bis.

Ma main hésite et te guide en tremblant ; Et c'est pourtant le bonheur qui m'anime. Non, je ne puis élever mon talent A la hauteur d'un tel gage d'estime !

Plume chérie, etc.

Le ixniple, lui, ne l'ait rien à demi :

En écrivant la chanson populairi' ,

A l'ouvrier je parlais en ami,

Va l'ouvrier me répond comme un frère.

Plume chérie, etc.

Des travailleurs je tiens ma plume d'or. De leur famille elle est aussi riiommaue : Les braves gens! pour payer ce trésor.

Ils épargnaient dans leur petit ménage.

Plume chérie, etc.

— ino —

Du calme heureux (lui charme mon séjour, Si Dieu voulait que je dusse descendre. Relique sainte, on me verrait un jour Mourir de faim plutôt que de te vendre ! Plume chérie, etc.

Si par mon nom tu ne peux ici-bas Sortir du coin où ma nuise t'entraîne , Mon nom du moins ne te flétrira pas : Ma voix jamais ne prêchera la haine.

Plume chérie, etc.

Je te suspens, haute marque d'honneur, Dans riiumble asile où mon étau résonne : Quand l'ouvrier y trouve le bonheur , Garde toujours la place qu'il te donne. Plume chérie, écris entre mes doigts Pour la première et la dernière fois.

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