REPONSE
a un Inast i)Oité par des officiers de rarméc aux lionnétos ouvriers.
Air de la Sentinelle. — ii.
Quoi ! VOUS buvez aux dignes travailleurs , Et c'est le cri dune âme grande et vraie : Dès quun chômage a fait couler des pleurs, Chacun de vous ofl're un jour de sa paie.
A votre toast, nobles soldats.
Je répondrai sans flatterie :
Du pays vous êtes le bras,
Mais comme nous, netes-vous pas
Aussi le cœur de la patrie , De la patrie !
Dans mes refrains j'ai tant chanté la paix. Dans mes refrains j'ai tant maudit la guerre ; Mais croyez bien que je l'appellerais Pour conserver la liberté si chère !
Ma lyre, en de pareils combats.
Du canon aurait la furie.
Alors nous serions tous soldats : La tète , le cœur et le bras , Ah ! tout serait à la patrie , A la patrie !
3 juin 1850
LES I-IPIS.
FA RLE.
Air : Tovt le lonff de la rivière. — 2:..
Un haut épi , des plus hautains , Traitait tous les autres de nains :
Bien qu'en tout il parût burlesque .
C'était un épi gigantesque !
Il eût fait honte, en son essor, Au plumet d'un tambour-major.
Mais (à ces mots mon œil devient humide) , Cet épi si haut n'était qu'un épi vide , Hélas ! c'était un épi vide.
— " Qui là-bas marche de travers
•' Sous le lourd fardeau de ses vers ( •• C'est un fruit de l'Académie :
V Adieu donc , Moisson , n ma mie ; •' Je vais rejoindre cet auteur •' Qui sut se mettre à ma hauteur !
• De parvenir aussi je suis avide. •• — Ainsi s'exprimait cet épi fier et vide. Ainsi ])arlait (M^t t'pi vide.
Un faucheur vint (c'était la Mort,) VA dit : '' Pounpioi crier si fort ^ " Réponds, ù vaine créature,
- A quoi sers-tu dans la nature l
• Au soin (le ton vaste néani , " Dieu ne t'apereoit pas , géant î Mais il sourit au plus humble qui passe Quand d'un peu de bien il laisse ici la trace, " Dieu sourit à l'humble qui passe î "
2i juin 18ÔU.