LA TIREUSE DE CARTES
Am : Une fille est un oiseau. — 53.
" 0 Marthe, voyons ce soir
" Si le sort m'est favorable :
" Les cartes sont sur la table
" Ainsi que le café noir.
" A mes vœux rien ne s'oppose :
" Ma fille en son lit repose,
« Marthe, et ma chambre est bien close.
^ Si j'en dois croire Thomas,
» Au cabaret il s'amuse,
" Et je crains qu'il ne m'abuse.
'» Marthe, ne me trompe pas! [bis.)
» Thomas semble m'aimer tant
» Et tu m'appris , chose étrange ,
" Que mon mari se dérange :
" Il m'embrassait en partant !
» Thomas a beaucoup d'ouvrage ,
V C'est un homme de courage ;
" Depuis notre mariage
" Le bonheur suivait mes pas.
" Mais, par toi, Marthe, je doute :
" Parle, parle, je t'écoute :
" Marthe, ne me trompe pas ! '•
Marthe dit d'un ton moqueur :
— " L'homme est plus léger que l'onde :
« Votre époux aime une blonde :
" Voici la dame de cœur.
•' Trois valets , ma pauvre Adèle , •^ M apprennent que linfidèle •' Pour la blonde se querelle :
•". Que les hommes sont ingrats î " Vite, finissons nos tasses :
•' Le café laisse des traces •• Qui ne me tromperont pas. ••
— ". Buvons, Marthe, car il faut •• M éclairer par ta science.
•• Marthe, un moment de silence :
- Ma fille parle tout haut,
•• Que son sommeil se prolonge.
■' Pour moi l'enfant prie en songe.
•• Ta science est un mensonge •• Qui megarait ici-bas.
•• Dans ce rêve Dieu m'envoie ^ Un rayon qui fait ma joie.
" Mon mari ne revient pas !
— •' Femme je suis revenu.
•• On m'accusait de la sorte •• Et j'écoutais à la porte :
•• Adèle, on m'a prévenu.
•• Ma tristesse était profonde !
" Mais Dieu d'un rayon t'inonde, •ï Quand par malheur en ce monde
- Désormais tu douteras,
" Songe à notre fille, Adèle, •• Fais ta prière comme elle :
" Le bon Dieu ne trompe pas î ^