‹ ChansonsChapitre 79 sur 216 · LE PAYSAN · texte numérisé non relu

LE PAYSAN

A m iVAristippe. — c.

0 paysan à lalliire virile,

Nerveuse main, pas pesant, Inimble front,

Avec transport au milieu de la ville

Les ouvriers, frère, te chanteront. {Im.)

Ta joue est rouge et notre joue est blême ;

Toi , c'est la force , et nous sommes lelan ;

Dieu nous unit, car notre âme est la même.

— Bons ouvriers, chantons le paysan, {bis.)

L'homme esprit fort, hautaine créature, Dans son orgueil se consume en ce lieu ; Mais rhomme simple, enfant de la nature, Pénètre loin dans les œuvres de Dieu.

La foi suprême à son âme ingénue Par le ruisseau révèle l'océan :

Il a le don de la seconde vue.

— Bons ouvriers, chantons le paysan.

La cloche sonne au hameau : c'est dimanche.

Un beau vieillard semble ouvrir le chemin

A deux époux , à la figure franche ,

Tenant chacun deux enfants par la main.

La cloche sonne , et la famille entière

Vient en commun , aux pieds du Tout-Puissant ,

S'agenouiller dans sa sainte prière.

— Bons ouvriers, chantons le paysan.

Un paysan , dont le pauvre ménage

Comptait déjà cinq filles, un garçon,

Un soir d'hiver trouve sur son passage

Un nouveau-né tout près de sa maison.

Prenant Fenfant qui gémit sur la terre

Et dont un crime est le sombre artisan :

" Femme, dit-il, tiens... il n'a pas de mère! -

— Bons ouvriers, chantons le paysan.

Roi de rÉden , sa première patrie , Autour d'Adam rien ne devait périr.

Au souffle impur sa grande âme est flétrie : Comme elle , hélas ! tout semble se flétrir. La terre en vain veut rester inféconde. Tant de sueurs tombent du front d'Adam ! Sublime enirrais , tu nourriras le monde :

— Bons ouvriers, chantons le paysan.

Quand sa charrue et ses bœufs dans les herbes Fouillent le champ qu'il a le droit, d'aimer , Que sont pour lui les rêves des superbes Si Dieu féconde où ses mains vont semer ? Mais, en héros, quand la guerre, en furie, Fond sur le sol ainsi que l'ouragan , Il dit soudain : « Le sol , c'est ma patrie ! •■>

— Bons ouvriers, chantons le paysan.

Quand d'un pays l'arbre immense s'incline Las de porter ses rameaux amaigris.

C'est le plus humble , ainsi que la racine , Qui rend la sève à l'arbre du pays.

Loin des cités où l'àme est asservie.

Le peuple fort, libre, simple et puissant. De son cœur pur sent déborder la vie.

— Bons ouvriers, chantons le paysan

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