‹ ChansonsChapitre 94 sur 216 · LE BON & LE MAUVAIS RICHE · texte numérisé non relu

LE BON & LE MAUVAIS RICHE

Air des Louis d'or. — 60.

Au-dessus de tous le ciel brille :

Dieu l'ouvre tout large aux petits.

Mais cest par le trou d'une aiguille Que les grands vont en paradis.

Ouvrier, prêchons la sagesse.

Injustement ne frappons pas :

C'est un poids lourd que la richesse Pour qui croit au ciel ici-bas.

L'homme passe et Dieu le regarde.

Agissons tous selon son vœu :

Dans le salon ou la mansarde Les justes sont enfants de Dieu !

Tenez, voilà le mauvais riche :

Crésus au vieil habit râpé, Il spécule, brocante et triche, Toujours fripon, jamais dupé; Son dieu , c'est la bourse qu'il cache ; Il est si dur pour l'indigent !

Tous les ans pour vivre il s'arrache.

Sou par sou, quelque peu d'argent.

Il meurt : son fils jamais ne compte Un or qui lui coûte si peu ; Mais il l'engloutit dans la honte...

Ces riches sont maudits de Dieu !

Place au riche en grand équipage Avec ses laquais galonnés.

Au sein dun fastueux tapage

S'il entend Dieu qui dit : - Donnez î -^

Homme, il comprend que sur la terre

De son magnifique trésor

Il nest que le dépositaire

Et qu'il doit faire rouler l'or.

Son or, c'est pour le pauvre monde

Le pain , la lumière et le feu ;

C'est une source qui féconde :

Ce riche est un enfant de Dieu!

Veut-on coml)ler l'immense abîme Qu'ouvrent les révolutions.

Réaliser un vœu sulilime :

La sainte paix des nations ^ Partout que le riche dépense Avec honneur son revenu :

Le pain arrive en abondance , 11 n'est plus un seul pauvre nu.

Plus de misère, plus de haine :

Le travail seul règne en ce lieu :

De l'amour nous formons la chaine ; Les hommes sont enli\nts de Dieu !

Décembre 1851.

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